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Jours de Guerre, tome 9 - 1941 : Jours Gris
Broché / 120 pages / édition de 1993
langue(s) : français
collection : Jours de Guerre
numéro : 9
ISBN : 2871931763
EAN : 9782871931768
dimensions : 280 (h) x 210 (l) x 9 (ép) mm
poids : 555 grammes
DISPONIBLE
très bon état
12,95 EUR
référence : 1014867
Tous les prix incluent la TVA
La Belgique de 1941 est un pays tout en grisaille. Morne désespérance chez certains, incertitudes et doutes chez d’autres. La guerre, que l’on croyait encore fin 1940 devoir être courte et s’achever par une sorte de paix de compromis après l’échec de l’offensive aérienne sur la Grande-Bretagne, s’éternise au contraire. Les Balkans, l’Afrique du Nord sont venus s’ajouter aux théâtres d’opération. L’invasion de l’URSS en juin donne au conflit une nouvelle dimension, l’entrée en guerre des Etats-Unis et du Japon en décembre le rendront véritablement planétaire.

Pour les Belges occupés, il faut survivre. Et pour cela, il faut pouvoir manger et travailler, c’est-à-dire avant tout produire alors que toutes les filières de l’économie du temps de paix sont bouleversées, interrompues, bloquées et que l’occupant, non content de piller les ressources alimentaires du pays par des «prélèvements», entend bien utiliser à son profit la main-d’œuvre et le potentiel industriel. Il faudra donc faire un choix, essayer de concilier tant bien que mal les nécessités de la vie économique, et de la vie tout court, avec les impératifs et les gardes-fou de la morale civique. «On voudrait, écrivait Camille Gutt en mai 1941, ne produire que du matériel qui ne soit pas de guerre, on ne peut pas, car tout est guerre». C’est toute la difficulté et l’ambiguïté de la «doctrine Galopin», de la politique du «moindre mal» en matière économique. On vit. comme dans d’autres domaines, sur le souvenir de 14-18, de la famine, des déportations d’ouvriers, des démontages d’usines. Tel est le mal que certains s’efforcent de rendre moindre, avec des sensibilités et des attitudes différentes.

Il faut aussi que la Belgique, qui importait avant-guerre près de 50% de ses besoins alimentaires devienne self-sufficient, une fois défalqués de la production les prélèvements ennemis. On croira trouver la panacée dans «l’air du temps», l'adoption de structures verticales, d’une réglementation tâtillonne. d'une prolifération de «chefs» et de sous-chefs, les quotas imposés, la bureaucratie voire le caporalisme dans un monde agricole qui restait celui des petites exploitations et d’un petit monde rural farouchement indépendant. La Corporation Nationale de ¡’Agriculture et de ¡’Alimentation laissa de mauvais souvenirs parce qu’elle voulait enrégimenter un secteur primaire que le retour de la population à des besoins tout aussi primaires ramenait, par une revanche de l’histoire, dans une éphémère position de force. On conspua l’institution parce qu’on la croyait imposée par l’occupant et ne servant que ses desseins, vérifiant ainsi l’adage qui veut que ventre affamé n’ait point d’oreilles.

Grisaille aussi pour les milieux socialistes, pour lesquels la catastrophe s’abattant sur le pays s’était doublée de la dissolution du P.O.B. par son propre président, voyant dans l’invasion «une délivrance». Il fallait, dans l’ombre, renouer les contacts, maintenir ce qui avait été l’idée socialiste, préparer le futur. Pour cela, non seulement fallait-il lutter contre le syndicat unique UTMI, mais sauver, en durant, les fruits d’un demi-siècle de «pi-larisation» les mutuelles, les coopératives. Tâche difficile que celle de définir des options de base tout en se rapprochant d’une part de milieux non socialistes poursuivant les mêmes buts et, de l’autre, en se gardant de la contagion du rival communiste.

Gris est le combat mené dans l’ombre par les réseaux de renseignements et les premières lignes d’évasion, avec leurs héros obscurs les passeurs, leurs fortes personnalités et, parfois aussi, leurs déchirements entre dirigeants de Londres et hommes de terrain. Plus grise encore est l’incertitude quotidienne, la crainte des trahisons, parfois trop réelles, des «retournements», des agents doubles ou triples.

Pour la population juive d'Anvers, c’est le gris des fumées des incendies de synagogues lors des «Pâques an-versoises», œuvre d’une poignée de mercenaires essayant, sous l’impulsion de services policiers et de propagande nazis, d’imposer à la Militärverwaltung une radicalisation des mesures antijuives. Là, le gris virera très rapidement au noir le plus sombre, mais bien peu le savaient en 1941.
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