Bruxelles est une région singulière. Sans doute est-ce l’une des seules à se nourrir à ce point d’apports extérieurs et à les assimiler jusqu’à en faire sa substance propre. Le miracle se renouvelle à chaque génération : les « nés natifs » de Bruxelles se confondent rapidement, jusque dans leur sensibilité, avec ceux qui, nés ailleurs, deviennent Bruxellois par la force des choses et la pression puissante de lame même de la région.
Mais cette âme, cette sensibilité, comment se sont-elles formées et comment est née cette séduction de la région qui engendre une telle familiarité quelle crée des Bruxellois avec des hommes et des femmes des quatre horizons?
Il faut, sans doute, en appeler aux siècles passés. La personnalité profonde de la région a été contrainte, depuis les temps les plus reculés, à des efforts constants pour ne pas disparaître sous les alluvions déposées par les migrations de l’histoire qui prenaient trop souvent les allures de l’Invasion guerrière. En fait, Bruxelles préservait son Individualité propre et ne retenait de l'apport des «visiteurs» que ce qui l’enrichissait. Or, précisément, ces apports successifs jouent le rôle de structures d'accueil pour ceux et celles qui s’implantent dans cette région.
Ailleurs on parlerait de cosmopolitisme. Ce mot ne convient pas Ici. Le cosmopolitisme est superficiel. A Bruxelles, Il s’agit d’autre chose, d’un ensemble de mœurs et de coutumes, d’un mode de penser ou de réagir où chacun, d’où qu’il vienne, retrouve des fulgurances de sa sensibilité propre.
Pour replacer le problème dans son cadre national, Il est clair que, dépassées les difficultés premières, souvent d’ordre pratique, les concitoyens venus du Nord ou du Sud s’assimilent au microcosme bruxellois sans pour autant renoncer à leur personnalité propre et à leur Identité culturelle respective. Plus qu’un microcosme, davantage qu’une région cosmopolite, Bruxelles est une synthèse.
Et l’art de Jean-Jacques Gailliard, si personnel, si original, confronté à la réalité bruxelloise, traduit tout naturellement l’expression de cette synthèse.
La rencontre de Jean-Jacques Gailliard avec Bruxelles est davantage qu’un hasard : un phénomène de nature. Né dans notre région, Bruxellois par toutes les fibres [...]

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