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L'Ecole de Tervueren
Relié / 288 pages / édition de 2000
langue(s) : français
ISBN : 90583510
EAN : 978905835105
dimensions : 330 (h) x 253 (l) x 26 (ép) mm
poids : 2070 grammes
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La parution, au seuil du vingt et unième siècle, d’un ouvrage - le premier - sur l’Ecole de Tervuren constitue un signal.Tout au long du vingtième siècle, on a quelque peu ignoré l’importance du mouvement pictural qui s’était développé à Tervuren aux alentours de 1860. Le siècle des avant-gardes a apparemment perdu de vue que, dans les forêts et les campagnes brabançonnes, une avant-garde avait déjà vu le jour quelque vingt ans avant que les XX (1884-1893), qui sont actuellement acclamés de toutes parts, n’occupent les devants de la scène artistique. L'intérêt croissant des milieux académiques pour cette association d’artistes de Bruxelles fit peut être oublier le rôle novateur essentiel que joua l’Ecole de Tervuren à partir de 1865, suivie par la Société Libre des Beaux-Arts, fondée en 1868.

Résidence ducale et royale, Tervuren, si on veut la comparer à d’autres villages d’artistes européens, ne fut pas un village campagnard comme les autres. Toutefois, il ne doit pas sa différence à cette seule présence princière, même s’il est vrai que Tervuren fut toujours cher à la famille royale, comme le montre l’organisation de la grande Exposition Coloniale de 1897. Le village et ses environs offraient une grande variété de paysages : parcs, étangs, bois et champs. L’exemple d’Alphonse Asselbergs, pour ne citer que lui, est assez édifiant. Ce gentleman-peintre issu de la bourgeoisie bruxelloise marqua, au milieu des années 1860, un grand intérêt pour la peinture en plein air. Durant l’été 1866, il partit peindre dans la région mosane, passa ensuite une quinzaine de jours à Anseremme, puis trois semaines à Moulin-Warnant, après quoi il se rendit àVeere, en Zélande, et travailla à Heist en octobre. Une saison bien remplie. En février 1867, il séjourna une dizaine de jours à Blankenberge, puis à Duffel. On sait qu’il avait déjà travaillé dans les environs de Bruxelles, à la Hulpe et à Uccle, ainsi qu’à Francorchamps, avant d’entamer une existence nouvelle à Tervuren (après avoir mené une vie assez mondaine à Bruxelles), où il s’installa le 6 septembre 1867 près de l’endroit où vivait Hippolyte Boulenger. Il y passa quatre années !

Plusieurs critiques influents, et surtout Camille Lemonnier, s’accordèrent rapidement à voir en
Hippolyte Boulenger la figure de proue de la nouvelle école. Le tableau que Lemonnier fit de l’art au cours des cinquante premières années d’existence de la Belgique (1830-1880), fut généralement bien accepté en ce qui concerne Tervuren (ainsi que de nombreuses autres facettes) et ne fut quasiment pas remis en question. La critique de Lemonnier n’est pas, à proprement parler, académique mais plutôt enthousiaste. Il s’y érige en témoin sensible aux aspects novateurs de cette école. Le rôle prépondérant de Boulenger y est mis en évidence. Un point de vue qu’ont également adopté les auteurs de la présente monographie. Ils ont passé au peigne fin les paysages de Tervuren (ainsi qu’un grand nombre d’archives et catalogues de ventes publiques), et ont, de cette manière, retrouvé la trace d’une quantité impressionnante d’œuvres et d’artistes. Dans ce bel ouvrage, près de trois générations de peintres sont présentées pour la première fois. On notera la présence de trois femmes peintres, Marie Collart, Louise Héger et Anna Boch, et d’impressionnistes tels que Lucien Franck et Paul Leduc.

Un abîme sépare un « artiste maudit » comme Boulenger de peintres issus de la haute société, tels Asselbergs ou Anna Boch. Mais cela ne se remarque pas tant sur leurs toiles ou dessins. Il existait alors, du moins dans les environs de Bruxelles, un vif désir d’aller au-delà de ce que l’académie prescrivait. La situation était, à cette époque, toute différente à l’académie d’Anvers, où l’on continuait à vouer un profond respect à la tradition.

Au début du vingtième siècle Lucien Solvay rendait encore un vibrant hommage à Boulenger : «Admirable peintre et poète exquis, il a interprété la nature dans ses nuances les plus délicates et les plus subtiles, avec des finesses de coloris, une légèreté d’exécution, une distinction douce et sereine, qui le placent au premier rang. Flamand dans l’âme, et les veines toutes gonflées de sang flamand, il a su, plus que tous les autres paysagistes de son époque, s’assimiler les dons de sa race, sans en être l’esclave, et en nourrir sa libre individualité. Il est personnel plus qu’aucun d’eux, absolument, complètement, - et plus même que Rousseau, que Daubigny et que Dupré, - personnel autant que Corot, et avec bien autrement de variété et de justesse. Dans l’épanouissement du paysage [...]
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