Un demi-siècle n'a rien effacé et les photographies sont là pour nous rappeler la tragédie du Bois du Cazier.
Elles content heure après heure l'attente insoutenable des familles, le travail des sauveteurs, la lourde grille qui déjà sépare les morts des vivants, la remontée des corps, les cercueils alignés pour de dérisoires hommages, la foule aux obsèques serrée dans la douleur.
On les a tant vues ces photographies, mais on les redécouvre, toujours plus poignantes et révoltantes.
La «Bataille du Charbon» qui avait fait déjà tant de victimes, couchait cette fois par un beau matin d'août 1956, 262 mineurs
de onze nationalités, sacrifiés sur l'autel de la rentabilité, du profit. Un prix inacceptable, hier comme aujourd'hui.
Le présent ouvrage est la cinquième édition de Bois du Cazier, Marcinelle 1956 que publient Les Archives de Wallonie et le Musée de la Photographie. Il témoigne de l'importance des photographies de Camille Detraux, Raymond Paquay, Hermann Chermanne, Roger Anthoine, Antoine Rulmont, Alain Massin et KrynTakonis qui, sans aucun sensationnalisme, mais avec beaucoup de pudeur, ont fixé ces douloureux instants, comme de l'acuité et de la pertinence du texte de Christian Druitte.
Cette édition a été complétée de documents d'époque, un texte de Marcel Mariën paru dans Les Lèvres nues, revue surréaliste belge, et une photographie de Léo Dohmen, autre collaborateur de cette revue récemment réapparue. Leurviolence heurtera peut-être, mais hors qu'il n'est rien que l'historien doive passer sous silence, elle demeure en-deça de l'horreur du drame, du sort réservé aux mineurs disparus.

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