Saint Hubert succéda à saint Lambert sur le siège épiscopal de Tongres-Maastricht dans les premières années du VIIIe siècle. Probablement proche de la fameuse famille des Pippinides (les futurs Carolingiens), Hubert se consacra notamment à la lutte contre les pratiques païennes encore très vivaces dans son diocèse. Il est parfois qualifié de fondateur de la cité de Liège ou de premier «évêque de Liège»: même si de telles assertions sont abusives, il est évident que sa décision de transférer de Maastricht à Liège les restes de son prédécesseur contribua de façon décisive au développement spirituel et économique, puis politique de ce qui n’était alors qu’un modeste bourg rural. Mort à Tervueren en 727, il fut enterré dans l’église Saint-Pierre de Liège qu’il avait lui-même fait construire. En 743, en présence du maire du palais Carloman, on procéda à l’élévation de ses reliques, cérémonie qui équivalait alors à une canonisation. En 825, le corps du saint évêque fut transféré à l’abbaye ardennaise d’Andage (qui prendra plus tard le nom de Saint-Hubert), aux confins méridionaux du diocèse de Liège. Ce déplacement n’a pas fait disparaître, à Liège, tout culte voué à celui dont l’action avait préludé à l’essor de la ville. C’est ce culte « au pays de Liège » qui est évoqué par une exposition successivement présentée au Centre Pierre-Joseph Redouté à Saint-Hubert et au Musée de la Vie Wallonne (Province de Liège) et qui fait l’objet du présent recueil d’études.
Le thème avait déjà été débroussaillé lors d’une exposition tenue à l’église Sainte-Croix de Liège en 1973, mais le catalogue publié à cette occasion se limitait à une description détaillée des pièces exposées. Tout récemment, un article consacré à la principale des confréries liégeoises à saint Hubert permettait de renouveler nos connaissances. Sur cette double base, mais aussi après un dépouillement systématique de la bibliographie et de l’iconographie (en particulier grâce aux fichiers et aux inventaires de l’Institut royal du Patrimoine artistique, à Bruxelles), a été rassemblé un important choix d’objets couvrant sept siècles d’histoire, du XIIIe siècle à nos jours.
A Liège même, dans l’église Saint-Pierre (dès la fin du XVIe siècle, au plus tard) comme dans l’église Saint-Hubert (vers 1640) furent créées des confréries destinées à promouvoir le culte de saint Hubert. D’autres confréries à saint Hubert furent établies ensuite au pays de Liège (par exemple à Heusy, paroisse de Stembert, en 1762 ou à Amay en 1773) et certaines [...]

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