livres. lus. approuvés.
Bienvenue chez Bibliomania, le spécialiste en ligne du livre de seconde main
FR  •  NL
Panier
0
François Bovesse, Namur et les années sombres (1936-1945)
par Collectif
Broché / 148 pages / édition de 1990
langue(s) : français
ISBN : 2871931070
EAN : 9782871931072
dimensions : 296 (h) x 210 (l) x 11 (ép) mm
poids : 660 grammes
Cet ouvrage n'est
pas disponible
actuellement sur
Bibliomania
L’Histoire du monde est avant tout l’histoire des destins. Destins des peuples, destins des communautés, destins des hommes, qui cheminent, tantôt lents et sereins, comme les fleuves qu’ils rencontrent, tantôt vifs et ardents comme les ruisseaux qui s’y jettent. Lorsque les peuples se croisent au confluent des fleuves, leur tumulte n’est pas moindre que le bouillonnement des eaux et, parmi eux, surgissent, à la fois forts et vulnérables, ces hommes qui refusent la fatalité qui devrait les entraîner.

Ces Namurois qui avaient moins de cinquante ans en 1936, et que, bien avant les slogans de Jacques Seguela, Félix Rousseau appelait, avec ferveur, « la Génération de Bovesse », ceux-là connurent la fièvre et l’effervescence de ces années pendant lesquelles, sous le manteau d’un quotidien à peine différent, le monde ici bascula de la douceur mosane à la sauvagerie la plus sombre.

Etudier une ville durant une période précise peut sembler, à l’échelle de l’histoire universelle, une entreprise dérisoire. Pourtant, toute collectivité humaine suit son rythme, avec des gens qui naissent, vivent et meurent. Ces contingences prennent une allure différente selon la période que l’on étudie. Mourir à Paris au XIVe siècle, mourir à Moscou au XIXe ou tomber à Namur en 1944 sont des réalités totalement différentes. Chacune d’elles est d’une égale importance pour l’historien. Il est néanmoins incontestable que certaines périodes ont les faveurs du public et d’autres pas. Phénomène de mode, phénomène de crise? Comment justifier, par exemple, que les années trente semblent être l’objet de toutes les passions alors que les années vingt sombrent dans l’oubli ? Le rôle des témoins est évidemment important : les grands-parents et parfois même des parents ont connu, soit comme adulte, soit comme adolescent ou enfant, les années trente. C’est, pour certains, la période de leur jeunesse et dès lors la plus belle, quelles qu’aient été les difficultés matérielles effectives. La littérature, le cinéma n’échappent pas à ces tendances. L’intérêt pour les années trente et pour la guerre y sont omniprésents. A l’heure de la mort des idéologies, cette décennie et le conflit qui allait suivre nous apparaissent comme l’époque de tous les engagements, de toutes les passions.

La guerre de 1940 est bien présente dans les esprits, au-delà des nombreuses commémorations qui auront lieu en cette année 1990. François Bovesse est omniprésent à Namur. Lui, le père des Fêtes de Wallonie, lui, l’homme que les rexistes ont abattu par un triste matin de l’hiver 1944. Alors que l’on commémore cette année, un peu partout dans le monde, le cinquantième anniversaire du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, nous avons choisi d’aborder l’événement à l’échelle d’une ville, Namur, et à la dimension d’un homme, François Bovesse, dont on fête le centième anniversaire de la naissance.

L’étude d’une ville confrontée à une situation de conflit est des plus révélatrices. C’est en sondant la dimension locale que l’on mesure l’ampleur du succès ou de l’échec d’un courant politique, que l’on perçoit la réalité quotidienne de la crise économique. Les historiens allemands ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en se lançant dans l’étude des villes allemandes à l’heure de la montée du nazisme. Notre démarche se veut évidemment plus modeste. Pourtant, il n’est pas sans intérêt de relever l’attitude contre le rexisme adoptée, sans équivoque, à Namur par le journal Fers L’Avenir Et ce, en 1936, alors que Rex se taille un certain succès dans la ville de garnison.

Lorsque l’on évoque la période 1936-1945 à Namur, un nom est sur toutes les lèvres : François Bovesse. Notre but n’est pas d’en faire le panégyrique, loin s’en faut. Il est vrai pourtant — et l’analyse de Michel Harcqest révélatrice à cet égard — que c’est la mort du « héros » qui a libéré les consciences. Bovesse mort, les Namurois sortent dans la rue, malgré les interdictions de l’occupant, pour assister à ses funérailles. La dimension de Bovesse dépasse celle du mandataire : ses engagements multiples, cohérents et profonds, font de lui un pôle, une référence, à titres divers, pour la communauté. Le mouvement wallon voit depuis longtemps en Bovesse un de ses porte-parole, le défenseur de ses idéaux. Bovesse veille d’ailleurs aux intérêts de sa Wallonie comme à ceux de sa ville. Déjà, en 1932, il s’est opposé formellement, comme ministre, à toute tentative de bilinguisation de la région, et, en 1936, [...]
rechercher des articles similaires par catégorie
rechercher des articles similaires par thème: