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L'Heure Bleue: La vie nocturne à Bruxelles de 1830 à 1940
par Collectif
Broché / 220 pages / édition de 1987
langue(s) : français
ISBN : 2871930228
EAN : 9782871930228
dimensions : 296 (h) x 208 (l) x 15 (ép) mm
poids : 938 grammes
DISPONIBLE
très bon état
26,95 EUR
référence : 1017313
Tous les prix incluent la TVA
A l'aube du siècle passé, Bruxelles n'est en somme qu'une grosse bourgade provinciale dont la vie nocturne — culturelle et sociale — présente tous les symptômes de l'ensommeille-ment le plus paisible. Deux théâtres seulement — un Grand (la Monnaie), un Petit (le Parc) — et quelques rares salles constituent toute son infrastructure en matière de spectacle, tandis qu'une poignée de cafés se détache des traditionnels estaminets. La noblesse ne s'aventure guère hors de sa caste et délègue l'organisation de ses loisirs, bals et concerts, à la Société de l'Académie de Musique, future Société du Concert Noble. Tout au plus fait-elle une petite incursion aux bals de la Monnaie, en période de carnaval tout particulièrement. La bourgeoisie confie également ses soirées dansantes à une société, celle de la Grande Harmonie, qui convie les amateurs à des fêtes champêtres au Tivoli, au Marly et à d'autres amusements plus urbains. Quant aux troupes bourgeoises, elles donnent des représentations sporadiques dans les quelques enceintes disponibles: à la Salle Saint-Georges, ouverte en 1822 rue des Alexiens, et à la Salle de Bavière qui accueille dès la fin du XVIIIe siècle les Petits Concerts ou Concerts Bourgeois. L'«Opéra» du Coffy, fondé vers 1700 et devenu par la suite le Club des Patriotes Brabançons, fournit un troisième asile.

L'indépendance nationale se chargera d'ébranler cette atmosphère
léthargique. Devenue la capitale d'un état moderne, Bruxelles, à ce titre,
se doit de rivaliser avec ses aînées, en offrant au visiteur étranger le
visage d'une grande ville et toutes les distractions qu'il est en droit
d'en attendre. Pourtant, les dix premières années ne voient guère de
modifications significatives à l'horizon de la mondanité; seule la
nouvelle destination du Temple des Augustins, qui propose dès 1830
concerts, opéras, tragédies et comédies, suscite un peu de remous
dans la mer calme des nuits bruxelloises. En effet, si les privilèges
des théâtres royaux ont bien été abolis par la Constitution, le jeune
Etat belge est tout entier secoué par les querelles intestines opposant
orangistes et patriotes. Il faudra donc attendre les années quarante pour que la situation se stabilise et que la bourgeoisie réclame d'autres lieux de divertissement. Pour répondre à cette image, l'impétrante dispose d'un modèle tout tracé, celui de Paris dont l'éveil à la vie nocturne est déjà bien accompli. C'est ainsi que la plupart des établissements font clairement référence à un homonyme français: les Champs-Elysées, le Pré-Catelan, le Tivoli ou le Château des Fleurs ne sont que quelques exemples de ce qui appartient à la règle générale. Dans ces années-là, Bruxelles s'initie rapidement aux plaisirs: des cafés et cafés-chantants ouvrent leurs portes dans la vieille cité, ainsi qu'un cirque, plusieurs petits théâtres et un troisième théâtre royal installé dans les Galeries Saint-Hubert flambant neuves. Des sociétés musicales se fondent, telle la Philharmonie, tandis que les bals se multiplient et conquièrent les cœurs de toutes les classes de la population.

De toutes les classes, entendons-nous: il serait plus juste de restreindre cet éventail aux différents échelons de la bourgeoisie, des notables aux domestiques, en passant par les employés et les petits boutiquiers. Car l'ouvrier ne figure nulle part sur cette carte des loisirs; la journée des huit heures ne sera instaurée qu'au lendemain de la première guerre mondiale et, pour l'heure, la masse laborieuse n'a guère le temps ni la disponibilité financière de s'offrir des distractions. Seul l'assommoir reçoit sa visite et, pour elle, oubli rime avec ivresse: chaque kermesse de quartier, chaque fête religieuse, est en effet prétexte à de terrifiantes beuveries qui atteignent leur point culminant lors de l'Epiphanie, avec le fameux lundi perdu. Cette exclusion, cette inexistence du loisir ouvrier explique que nous ne traitions pas du noctambulisme populaire dont le bac à snick constitue l'unique destination. Dans les années vingt, l'élaboration d'une législation sociale véritable conjuguée au vote de la loi Vandervelde modifie cette situation et permet à l'ouvrier de s'infégrer à des activités préexistantes, la danse et le cinéma, auxquelles toutes les catégories sociales...
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