Dans l'extraordinaire retour en force des peintres issus de l'impressionnisme auquel nous assistons, l'on peut démêler diverses motivations, la plus évidente étant sans doute une réhabilitation de la couleur, à laquelle nous ont conduits les arts visuels, les modes, l'environnement quotidien.
Or, de Vermeer à Turner, puis au divisionnisme, au luminisme, dont les peintres de ce pays furent un moment imprégnés, la couleur a été l'objet d'expériences très élaborées, repoussant toujours plus loin safacul-té d'habiller le réel en le sublimant.
André HALLET est de ces peintres "expérimentaux", de ces mélodistes de la lumière, dont l'oeuvre s'impose à nouveau, comme à son apogée dans les années vingt.
Dédaigneux des querelles des Anciens et des Modernes — il suivait et appréciait particulièrement le cubisme — André HALLET construit d'éblouissantes compositions à l'aide de touches rapides et épaisses, de tons juxtaposés donnant naissance à un chatoyement harmonieux, créant l'impression plus que la subissant. On peut comparer ses toiles à de véritables concentrés de plaisir visuel, dotés d'une vibration latente qui leur prête vie.
Pour empreinte de poésie et de raffinement que soit cette expression plastique, elle se nourrit — c'est, semble-t-il une tendance générale — d'un réalisme minutieux, particulièrement axé sur l'observation, sur le trait dominant d'une scène, d'un moment, d'une vision. Car, à l'instar de maint contemporain — Pinot, Firmin Baes, Jamar, Thévenet et bien d'autres — Hallet est un merveilleux dessinateur, tirant d'une technique "minimaliste" des effets infiniment variés. Un crayon, dans sa main, devient une arme redoutable. Avant l'ère des chasseurs d'images, il figure, dans le plein sens du terme, un voleur d'instants, qu'il restitue avec une profusion de techniques qui laisse rêveur...

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