Le Musée royal de Mariemont, c’est, pour les uns, un prestigieux ensemble de porcelaines de Tournai, le plus beau qui soit au monde, pour d’autres, la fascination des arts de l’Extrême-Orient, pour d'autres encore, une collection réputée d'antiquités grecques et romaines. Mais c’est aussi, et très officiellement depuis 1965, un établissement scientifique, c'est-à-dire une institution vouée à la recherche de niveau universitaire. Au cœur de cette institution, une bibliothèque, qui ne se contente pas d’être l’outil, le support indispensable de toute recherche, mais se veut aussi centre de rencontre et d’échange entre les chercheurs, professionnels ou amateurs, et le capital documentaire qu'elle a pour mission de faire fructifier.
Le présent livre est le fruit de ces rencontres et de ces échanges dans un domaine qui nous tient tout particulièrement à cœur, l'histoire régionale. Car, si l'étude de nos collections nous entraîne volontiers vers les rivages de la Grèce et de l’Égypte ou ceux, plus lointains encore, de la Chine et du Japon, nous ne saurions perdre de vue le terroir où notre Musée est enraciné par la volonté de son fondateur. Celui-ci ne fut pas seulement un collectionneur d’antiquités classiques et d'objets exotiques : profondément attaché à sa région natale, Raoul V/arocqué voulut aussi en faire revivre le passé. Les fouilles qu’il fit exécuter, la documentation qu'il réunit, sur l’ancien domaine royal de Mariemont notamment, n’avaient pas d'autre but. Bien plus, acteur lui-même de l’essor économique du Centre, il nous a laissé un fonds important d’archives écrites et photographiques que les historiens n’ont pas fini d’exploiter. A son exemple, nous nous efforçons de sauver et de mettre en valeur les témoins de cette histoire récente, qui modela fondamentalement le paysage et les hommes de notre région qu'elle a, en réalité, vu naître.
Le Centre, en tant que tel, est, en effet, une région inconnue des historiens de l’Ancien Régime. Pur produit de la révolution industrielle, elle doit son nom au manque d’imagination des ingénieurs des mines, qui baptisèrent “bassin du Centre’’ le bassin charbonnier situé entre celui du Levant de Mons et celui de Charleroi. Essentiellement agricole à l’origine, elle acquit son identité actuelle par l’exploitation du charbon, les industries qui s'établirent autour des houillères et les infrastructures routières, ferroviaires et hydrauliques qu’elles suscitèrent. Sa jeune histoire, pourtant passionnante, n’avait guère fait l’objet jusqu’à présent d’études d’ensemble. Les pages qui suivent comblent donc une lacune. Nous les devons à l'heureuse collaboration d’historiens chevronnés et de jeunes chercheurs, qui n’ont pas craint d’aborder des sujets inédits. Souhaitons avec eux qu’elles servent de moteur à d'autres recherches, qui permettront de mieux connaître une évolution économique, sociale et démographique à bien des égards exemplaire.

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