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Légende et réalité : La guerre de la vache de Ciney et la naissance du sentiment national liégeois (Ciney 1275 - Andenne 1278)
Cartonné / 126 pages / édition de 1998
langue(s) : français
éditeur : Editions Lallemend
dimensions : 254 (h) x 180 (l) x 12 (ép) mm
poids : 495 grammes
DISPONIBLE
très bon état
21,95 EUR
référence : 1019423
Tous les prix incluent la TVA
Nous sommes à la fin du XlIIe siècle. Depuis trois ans déjà, une guerre féodale, sanglante et désastreuse agite presque tous les pays d’Entre-Meuse-et-Rhin. Elle débute par une conspiration maladroite de petits hobereaux demeurés jusqu’alors pillards et batailleurs. Mais bien vite la scène s'élargit aux intrigues de grands feudataires : prélats, évêques, princes et rois. Bien que le complot et la corruption sont de tous les temps, en ces temps-là, la cupidité, l’orgueil, la trahison s’étalent naïvement, le meurtre s’exerce au grand jour et la vendetta entraîne dans toutes les familles des haines réciproques. Ce que l’on se dispute, c’est le château qui se prend et se reprend inlassablement. Ce que l’on fait, c’est ravager les récoltes, brûler les cabanes et à l’occasion massacrer les paysans, violer leurs femmes et leurs filles. Ce que l’on cherche, c’est à dévaster le pays ennemi, à soumettre le peuple voisin. Bref, ce que l’on souhaite, c’est affaiblir l’adversaire.

Sans doute est-il dangereux d’apprécier, avec nos idées d’aujourd’hui les moeurs du XlIIe siècle, mais cette réalité-là, enfantée par des rancoeurs, suscitée par des passions, voire par des mythes, est toujours sombre à décrire. Aussi, cette page d’histoire, ce tableau passé au noir de la souffrance ne se raconte pas en riant. Elle finira bien cette guerre. Et somme toute d’une manière assez banale : le partage de la puissance et de la richesse entre quelques-uns et la coupable indifférence de ceux-ci au devenir de tous les autres.

Malgré tout, en ce moyen âge tardif, où se flétrit la morale, dans les alcôves du pouvoir, on construit discrètement des institutions politiques nouvelles. La société médiévale se prépare alors à l’Europe moderne, celle des nations et des états.

Ce récit fournit aussi un remarquable outil pédagogique à la connaissance du moyen âge et à son organisation. Néanmoins, ce livre ne s’adresse pas aux érudits. Le lecteur n’aurait ni le loisir, ni l’envie de se traîner dans les méandres des écrits originaux. La conséquence de cette démarche apparaît dans l’organisation du texte : un exposé sur la situation politique des principautés en cause ; une galerie de personnages, acteurs ou témoins, rangés selon l’ordre d’entrée en scène ; la transcription des textes anciens permettant d’exposer les contradictions et les déviations de leurs auteurs ; un examen des documents signalant les certitudes acquises et les hypothèses qui demeurent.

Quoi de plus singulier en effet que la féodalité et son état d’esprit. Il est fait de fidélité, de passion, du goût des largesses. Chevaleresque, le gentilhomme est courtois. Il se préoccupe des femmes et de l’amour, où la poésie et le roman expriment tout l’essentiel. Mais on n’était pas encore au temps de la liberté conquise. Ainsi, la femme, noble surtout, faisait l’objet d’un ignoble commerce : les rois et les princes vendent et livrent leurs filles et leurs vassales comme on vend et comme on livre une marchandise, le prix, la livraison et les autres conditions s’énonçant sans vergogne dans les conventions. Les autres plaisirs du chevalier ce sont les tournois, la chasse, apprentissages de la vaillance, du combat et de la guerre. Elle est sa passion. Contradictoire dans ses actions, elle est à la fois intéressante parce que source de profits et généreuse parce que source de gloire.

Quoi de plus instructif que le spectacle de cette société en pleine mutation où les bourgeois, issus de ces voyageurs aux pieds poudreux, deviendront les promoteurs de la révolution urbaine, les organisateurs de la production et les inventeurs du capitalisme qu’ils finiront par intégrer dans la vie politique.

Quoi de plus curieux que le tableau d’une procédure d’arbitrage avec son formalisme, ses incidents de procédure depuis l’intentement de l'action jusqu’à sa solution, si j’oserai dire !

Finalement tous les documents de conciliation, remplis de libelles, d'allégations, de réplications, de témoignages... finiront par dormir côte à côte, dans les archives, ce champ de repos de vieux parchemins, pour servir plus tard à l’étude tranquille de ces temps éloignés, qu’avaient agités tant de passions.

C'est une tentative de synthèse et d'explications de tout cela que je vous propose aujourd’hui.
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