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Les locomotives à vapeur de l'état belge à la SNCB (1835-1966)
Broché / 500 pages / édition de 1982
langue(s) : français
éditeur : Veys
collection : Souvenir de la vapeur
numéro : 8
dimensions : 222 (h) x 153 (l) x 32 (ép) mm
poids : 990 grammes
DISPONIBLE
bon état
bords, plats et dos usés
49,95 EUR
référence : 1018632
Tous les prix incluent la TVA
21.00 h. La nuit noire scintille de quelques points lumineux rouges, verts ou violets situant la vigilance clignotante des lanternes de signalisation. Leur langage muet autorise le passage des uns en immobilisant les autres.

Le triage est assez silencieux à cette heure : quelques glissements d’excentriques ponctués d’un claquement sec, un cri ou un coup de trompe, le tamponnement d’un wagon trié au lancer, le va et vient paisible du cœur bien régulier d’une pompe Westinghouse, un bref acquiescement du sifflet enroué de la machine de gare et la toux sèche de son échappement...

A gauche, la type 23 s’affaire en un interminable rangement de rames, de fourgons, de coupes qui se raccourcissent à chaque décrochage, ponctué d’un cliquetis de chaînes et d’un grincement de freins, avant d’enchaîner sur un nouveau démarrage sec et bref...

Les voies principales, sur la droite, se retrouvent désertes après le passage éphémère d’un «voyageurs» attardé, et la lunette rouge du sémaphore succède à la verte.

En voie deux, près de la grue hydraulique, l’équipe du 86408 active sa préparation au départ. Les soutes débordent d’eau fraîche. Le chauffeur Martin enfourne encore quelques pelletées de mélange et de briquettes morcelées au marteau. La porte basculante du foyer s’ouvre en grand sur un clair brasier où tourbillonnent les flammes activées par le souffleur. La cheminée émet une colonne de fumée noire. Notre chauffeur régale son feu en quelques gestes précis, et les raclements de pelle se mêlent au ronflement fumivore. Les formes fantomatiques de l’équipage se retrouvent de suite plongées dans la sombre grisaille de l’habitacle. Le chantonnement berceur de la chaudière rappelle un air de bouilloire presque prête pour le café.

Brusquement, un jet glougloutant de vapeur, d’un côté, puis de l’autre : les injecteurs réalimentent le générateur.

Evrard, le machiniste, promène son falot poisseux sous le nez ébloui des niveaux d’eau et des manomètres : conduite générale; réservoir du frein : 5 k; pression de vapeur: 13 k. Tout est en ordre. Les deux hommes lorgnent maintenant un point élevé sur la gauche, là où incessamment, un feu-presque un feu-follet-, devrait virer du rouge au vert, leur donnant la voie libre.

La burette Maurois a complété le travail du graissage central et l’essai du frein est fait depuis quelques minutes. Perché sur la porte de la boîte à fumée, le disque fumeux brûle, plutôt qu’il n’éclaire. Evrard ouvre la portière d’accès au tablier et va ausculter son petit cheval, ultime précaution.

La gare étant établie à niveau, ainsi qu’il sied, le train stationne bien, pratiquement sans frein. Le machiniste ramène son robinet de frein de la position d’alimentation à celle de marche. Le compresseur s’arrête.
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