Depuis 1961, les trams ont déserté Humbeek et Beigem. Il y a vingt-cinq ans, en 1978, (année décrétée officiellement et sans ironie «l’Année du Village») le dernier tram vicinal circula entre Grimbergen et Bruxelles. Cette disparition ne passa pas inaperçue. Elle fut contestée avec de solides arguments écologiques. Elle fut regrettée sentimentalement. Des arguments de cet ordre-là ne pèsent pas lourd dans des négociations. Heureusement qu’il y a des livres pour donner tout son poids à l’argumentation sentimentale.
Bien sûr, le tram est bien présent dans ce que Marcel Proust appelait «la mémoire affective». In n’y a pas de mal à cela. N’empêche qu’il y a même moyen de fonder l’attirance du tram sur des arguments rationnels. N’est-il pas vrai que les trams jaunes ont servi pendant près d’un siècle de trait d’union entre la ville et nos campagnes ? De nos villages nous nous rendions en ville pour y respirer un air de métropole commerciale, pour y faire nos achats. Le tram nous menait au boulot, à l’école. (Des générations de jeunes rougissants ont ressenti le tram comme serre chaude d’idylles débutantes). Le tram était indispensable pour l’acheminement de denrées vers la criée (produits laitiers, légumes et même les fleurs vendues sur les marches de la Bourse, mais oui !). Les citadins étaient attirés par les charmes champêtres de notre proche campagne, sans oublier la bonne bière ni les tartines généreusement garnies. Les années de guerre ont donné à ces échanges entre la campagne et la ville un caractère particulier et indélébile.
Ce livre ne poursuit qu’un seul but: rendre palpable la présence du tram vicinal dans notre région. Il se concentre donc en priorité sur des endroits et des situations typiques et bien reconnaissables. Tel a été également le fil conducteur dans le choix des documents. Ceux-ci doivent permettre à ceux qui ont connu la période du tram de les confronter avec leurs propres souvenirs. Chacun d’entre nous a sans aucun doute sa propre histoire anecdotique de «son » tram ; nous espérons raviver ce genre de souvenirs. Pour les jeunes, il sera intéressant de voir le tram circuler dans des endroits qui leur sont familiers.
Quel bonheur que de pouvoir faire un choix dans les riches collections existantes sur notre ligne. Quel crève-cœur que de devoir encore sabrer dans ce premier choix. Rien à faire, le livre doit rester d’un prix abordable ! Le mérite essentiel de la sélection finale est de vous présenter des documents inédits pour la plupart. Il se peut que certains pèchent par manque de qualité technique. Nous avons tenu à les reproduire malgré tout, en raison de leur caractère exceptionnel. Ce sont des documents uniques sur la vie de tous les jours de notre population et des gars du tram.
Nous tenons à remercier tout particulièrement tous ceux qui ont contribué à la réalisation de cet ouvrage, tant les collectionneurs que les particuliers, détenteurs de documents précieux. Je tiens à rendre hommage à l’érudition de Jean De Ridder-Deverver, connaisseur hors pair des trams de Grimbergen et d’ailleurs. Il a eu la gentillesse d’écrire un certain nombre de textes infiniment bien documentés pour ce livre et nous a permis de reproduire certains documents de sa collection. Un grand merci également à l’infatigable Paul De Backer, tramophile, photographe, collectionneur (et incidemment, le dernier à avoir conduit un tram entre Grimbergen et Meise) qui m’a donné largement accès à sa vaste collection et m’a aidé de ses remarques aussi judicieuses que précises. Merci à Johan Vanwetswinkel dont j’ai appris à apprécier la profonde connaissance de l’histoire locale et du folklore. Merci à André Van Laer qui n’a pas ménagé ses efforts pour donner à son village, à Humbeek la place qu’il mérite dans ce livre. Enfin et surtout un grand merci à Philippe Meert, président de l’asbl Pro-Tram, bon ami et bon voisin, qui prit l’initiative de cette publication.
Et puis tant et tant de sources et de collaborateurs bienveillants. Les voici au galop : Archives Pro-Tram, René Vanwetswinkel, André ver Elst (+), Adèle Lauwers-Selleslagh, la famille Bovens-Wolfs, l’asbl Epitaaf, Erfgoedkring Grimbergen. J’en oublie, bien sûr. Qu’ils me le pardonnent. Enfin ma gratitude à Lieve pour sa patience qui fut mise à rude épreuve pendant l’élaboration de ce livre.

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