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Le Papier-monnaie de Belgique
par Collectif
Reliure inconnue / 31 pages / édition de 1984
langue(s) : français
dimensions : 402 (h) x 303 (l) x 15 (ép) mm
poids : 1250 grammes
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La science numismatique, par l’étude approfondie des monnaies, a pu suivre, depuis la plus haute antiquité jusqu’à nos jours, l'évolution historique des peuples, la pénétration et les mouvements divers des conquêtes ainsi que les successions ou les déstabilisations des pouvoirs. Il est un fait que la monnaie a toujours suivi l’histoire en s’adaptant à celle-ci au fil des temps. Dans ce concept, il a fallu attendre le cours du XVIle siècle pour que la monnaie métallique s’adjoigne, en Europe, une conception parallèle et nouvelle de ses pouvoirs libératoires par la création du papier-monnaie.

Dans nos régions, nous connaîtrons, avec le régime français, la désastreuse aventure des assignats. Ensuite, avec la période hollandaise, nous verrons la naissance de la ’’Société Générale des Pays-Bas” qui met en circulation des billets libellés en florins.

L'avènement de la Belgique indépendante nous donne enfin, par sa constitution, une monnaie propre libellée en francs.

Au départ, ce furent essentiellement quelques banques privées qui émirent, en leur nom, les premiers billets mis en circulation chez nous: citons celles dont les rares coupures nous sont connues: la "Banque de Belgique”, la "Banque Liégeoise et Caisse d’Epargnes" et la "Banque de Flandre .

De son côté, a Société Générale pour favoriser l’industrie Nationale” fut autorisée par des arrêtés royaux de 1837 et 1848 à émettre également des coupures de diverses valeurs. Ce furent les premiers billets, réalisés en lithogravure. où l’on put lire dans la partie supérieure '’Royaume de Belgique".

La pluralité de ces émetteurs privés disparut à la suite de la création, en 1850. de la Banque Nationale. Cette institution gérant les biens de la nation fut légalement dotée du privilège exclusif des émissions des billets. Ceux-ci furent mis en circulation dès 1851 : ils remplacèrent, au fur et à mesure, les émissions privées acceptées jusqu'en 1875.

Les premières coupures de 1.000. 500. 100. 50 et 20 francs seront réalisées en carnets à souches et en impression typographique noire monochrome: la qualité du papier était pur chiffon filigrané.

De 1869 à 1914. la présentation évolue par l’introduction de la quadrichromie, l’abandon des signatures manuscrites et des carnets à souches. En 1887 apparaît le premier billet de 50 francs avec texte français au recto et néerlandais au verso. L’impression s'adaptera plus tard à de nouvelles techniques par la combinaison de la taille-douce avec la typographie en un premier temps, par la rencontre ensuite, du procédé nouveau de l'offset. Dans la conception actuelle des billets, la Banque Nationale de Belgique a veillé à leur incorporer des éléments les rendant plus repérables en cas de falsification, tel que le fil vertical de sécurité et aussi, pour les handicapés de la vue, un ensemble tactile constitué de cercles entourant un ou des points sensibles.

La conception de nos billets s’est adaptée, au cours des années, à la technique d’impression de ceux-ci. C’est ainsi que le filigrane, ce symbole d'authenticité souvent méconnu, est constitué, au départ, de formes décoratives diverses additionnées parfois de la valeur faciale. Cette graphie se voit ensuite simplifiée par la mise en silhouette d’une effigie mythologique ou d’une tête royale.

Il existe aussi, dans la diversité de présentation de nos billets, un graphisme très évolutif qui pourrait se classifier en trois thèmes principaux. Le premier serait consacré à mettre en évidence la valeur unitaire comme élément principal et central du billet. Un deuxième thème, très étendu celui-ci, entoure d’une présentation plus élaborée la valeur faciale par des sujets mythologiques ou allégoriques; la Grande Guerre adjoindra à ces éléments décoratifs, les effigies de nos souverains pour constituer ainsi les séries ’’nationale”, ’’dynastie” et ’’centenaire”. Le troisième thème, dont l’usage s’est développé depuis 1950 met en valeur quelques-uns de nos personnages historiques. A part la présentation, en 1915. du buste de Pierre-Paul Rubens sur un billet de 20 francs de la Société Générale de Belgique, il fallut donc attendre notre époque pour qu’apparaissent dans un graphisme approprié, des personnages célèbres tels: les musiciens Roland de Lassus et André-Modeste Gretry. le peintre Bernard van Orley, le géographe Mercator. l'anatomiste André Vésale. le poète Guido Gezelle et d'autres encore.

La boucle est ainsi rapidement faite car certes, il y a encore beaucoup à dire sur plus de cent cinquante années d’émissions de papier-monnaie. Il conviendrait toutefois de faire une légère incursion dans le vaste domaine entourant les émissions dites ”de nécessité". Durant les deux dernières guerres, la circulation monétaire s’est rapidement appauvrie dans notre pays. C’est dans le but de pallier cette situation délicate que nos édilités communales ont fait émettre, sur base des lois en vigueur, une succession de billets communaux de valeurs et de présentations diverses. Cette monnaie de papier viendra bien à point pour permettre d’assurer aux administrations et aux sociétés la continuité de leurs paiements ainsi que, pour la population, elle assurait les moyens d'achats indispensables à la survie des ménages aidés souvent par l’aide matérielle et pécuniaire des Comités de Secours et d’Alimentation.

L'usage de ce papier-monnaie conventionnel fut principalement reconnu durant les quatre années de la guerre 1914-1918. Pendant celle de 1940-45 ce système ne fut utilisé que pendant les premiers mois du conflit. Après les événements, les billets ainsi émis furent échangés par les caisses communales ou par les organismes émetteurs contre de la monnaie régulière.

D'autre part, I” Armée Belge" d’occupation en Allemagne eut recours à l’usage de ses paiements sur place et pour les achats dans ses magasins et cantines, à une série de billets de valeurs diverses émise aux ordres du Ministère de la Défense Nationale. Ils eurent cours de 1946 à 1959 en Allemagne seulement et furent exécutés par l’imprimerie de la Banque Nationale de Belgique.

Les billets de banque reproduits dans cette édition illustrent l’histoire du papier-monnaie en Belgique, esquissée en ces quelques lignes.
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