Le rappel de l'existence de kaolin dans la région de Nivelles ne constitue pas une simple curiosité minéralogique, et raviver le souvenir de sa découverte et de son exploitation encore moins une anecdote de notre industrie minière.
Si ces faits sont tombés dans l'oubli le plus total, c'est qu'ils firent l'objet de la conjonction de circonstances historiques particulières, telles que la deuxième guerre mondiale et la confusion, bien plus ancienne, résultant de la désignation relativement imprécise des matériaux extraits. En effet, les statistiques minières comportent sans plus de précision les rubriques Terre Plastique, Terre à Porcelaine, Silex pour Faïenceries, et ce n'est qu'en 1895 et 1902 qu'apparaissent respectivement les termes Kaolin et Eurite et Kaolin.
Cet oubli est d'autant plus étonnant que quelques années après la mise en exploitation, ces produits étaient déjà exposés à Londres (1867) comme en témoigne le Catalogue des roches et des produits minéraux de la Belgique.
La réalité demeure toutefois : entre 1860, époque à laquelle ont été formulées les deux premières demandes de concessions, et 1939, date des dernières productions, un minimum de 235 000 t de ces matériaux dont près de 20 000 t de kaolin furent extraits.
Autre certitude, les gisements ne furent pas totalement épuisés; des indices certains d'extension sont connus depuis 1887 et sont demeurés inexploités. Certes, l'épaisseur croissante de la découverture aurait peut-être pu décourager les tentatives d'extraction, mais retenons que les plus anciennes mentions font fréquemment allusion à des exploitations par galeries.
Que l'histoire de cette industrie si particulière et la permanence de réserves potentielles aient pu être enterrées n'est pas notre seul sujet d'étonnement. En effet, de multiples gîtes, non seulement métallifères, ont fait l'objet d'exploitations artisanales telles les extractions de limonite et de Terre noire.
La présente note retrace l'historique des découvertes, mentions et controverses de ces gisements d'eurite et kaolin. Leurs localisations respectives sont précisées dans la mesure du possible ainsi que les données fragmentaires relatives à leur exploitation et l'estimation de leur production.
La plupart des documents faisant foi sont reproduits in extenso (Archives de la Carte Géologique de Belgique, observations de A. Dumont et de Ch. de la Vallée Poussin).
Semblable « re »découverte démontre à suffisance l'importance des réflexions concernant les raisons véritables de l'abandon de certaines de nos anciennes exploitations.

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