La première édition de Mange Bruxelles épuisée et les changements dans le paysage gourmand de la capitale m’ont convaincu de revoir celle-ci en opérant quelques changements. Je reste l’auteur des textes, mais trois photographes se partagent les visuels. Aucun n’est un photographe culinaire. Cici Olsson, Serge Leblon et Laetitia Jeurissen sont des proches, plutôt des artistes que des photographes classiques, capables de se laisser prendre par une atmosphère, un lieu et des gens, et d’en restituer une vision personnelle.
Un second changement concerne les textes. J’ai tout réécrit, mais une partie de ceux-ci prend la table comme une scène, avec l’idée de réunir des gens qui ne se connaissent peut-être pas, mais qui ont des choses à se dire.
Je reste le seul responsable du choix des restaurants. Je l’ai déjà écrit, je me considère plutôt comme un journaliste gastronomique qu’un critique. Je ne juge pas. Je ne donne pas de points. Je ne me cache pas. Je ne suis pas un anonyme. J’essaie de comprendre un projet.
Le vécu de chefs dont je peux être proche sert de trame à mes histoires. Ceux qui connaissent la première version verront que certaines maisons n’ont pas été reprises. Ceci ne veut pas dire que tout d’un coup l’on y mange mal. C’est juste que j’y vais moins. Quant à ceux qui apparaissent, cela ne veut pas dire que l’on mangeait autrefois mal chez eux. On a simplement appris à se connaître.
Le résultat donne une idée de la ville gourmande qu’est Bruxelles. Il y a des étoilés et des brasseries, des bistrots gourmands et des cantines. Il y aussi des repaires de noceurs où l’on sait quand on y entre, mais jamais quand, ni comment on en sort. Il y a des restaurants chics et d’autres, plus populaires. Il y a des maisons classiques et des maisons branchées. Chez certains, cela ne coûte pas grand-chose tandis que chez d’autres, vous pouvez y laisser une fortune. Il y a le meilleur Japonais et le meilleur Coréen de la capitale. Il aussi le meilleur Grec au monde hors de Grèce, mais ça, ce n’est pas moi qui l’ai écrit le premier. Il y a un Italien génial. Un de ces restaurants est logé dans une boule de l’Atomium, un autre dans un ancien garage, puis un autre encore dans un show room... Certaines de ces enseignes existent depuis des décennies, d’autres depuis quelques mois. Tout cela, c’est un peu le goût de Bruxelles, du moins mon goût de Bruxelles. Des endroits où l’on mange bien et les chefs qui m’intéressent. Puis il y a leurs clients, parfois célèbres, mais souvent inconnus, des Bruxellois d’aujourd’hui et de demain, de belles âmes qui partagent le goût de la vie dans ce quelle a de meilleur. Et qui ont plein de choses à dire.

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