En 1909, à la mort du Révérend curé Hislaire, feu mon père, trésorier de la Fabrique d’église avait découvert, dans une sou-> pente de l’ancien presbytère, un vieux meuble qui renfermait, gisant pêle-mêle, un certain nombre de registres et de documents anciens.
Jusqu’à cette heureuse trouvaille, les Marguilliers croyaient, se basant sur la note suivante signée par les membres du Conseil vers 1879, qu’il n’existait plus, à St-Remacle, en fait d’archives, que deux ou trois pièces, d’ailleurs de peu d’intérêt:
« Il est impossible de donner des renseignements exacts sur » les anciennes fondations (1) attendu que presque la totalité des » papiers, registres, etc., de cette église ont été brûlés ou égarés » lors du bombardement de 1794 et l’incendie du faubourg »
Cette affirmation était erronée: de nombreux documents, débris vénérables du passé, avaient échappé à la tourmente. Mon père, très attaché à l’église paroissiale, mettant à profit ses rares moments de loisir, avait commencé patiemment le classement de ces précieux papiers. La mort vint l’interrompre en plein travail. Ma ligne de conduite m’était tracée: j’ai continué sa tâche.
En fouillant dans les gros registres reliés en cuir brun, en compulsant ces livres aux coins écornés, aux feuillets jaunis mais à l’écriture nette encore, en lisant et en relisant ces actes divers autour desquels, je gage, ont dû s’élever, parfois, tant d’âpres débats, j’ai revécu, vraiment, un intéressant passé. Les aïeux se levaient pour me conter leur histoire. Et c’étaient des choses inédites qu’ils me disaient et que rendait d’autant plus captivant leur long et mystérieux oubli.
Bien vite, ils sont devenus mes amis, de bons amis même, ces [...]

rechercher des articles similaires par catégorie
rechercher des articles similaires par thème: