Amis lecteurs, promeneurs de la ligne 38, en 1993 sortait de presse la première édition des "Chemins de fer du Pays de Herve". Le succès fut au rendez-vous, drainé par le bouche à oreilles et la "ravelisation"’ en cours de la ligne. Ainsi la "38” se promouvait-elle.
Pour rédiger cette "biographie" de la ligne 38, nous avions recueilli une moisson de témoignages de ses anciens cheminots. Il est bien évident que sans eux nous n’aurions pu décrire de manière précise l’exploitation d’une ligne ferroviaire et les renseignements obtenus par la voie officielle n'auraient pu restituer l'atmosphère et la chaleur du vécu.
Ainsi, nous tentions de combler le "régional de l'étape", le nostalgique de l'anecdotique. Notre ligne était la dernière du style "vieux chemin de fer" dans le défunt "Groupe de Liège", devenu district Sud-Est.
Cette année, 20 ans après le départ du dernier convoi, il nous a semblé opportun de publier un deuxième opus consacré à Chênée-Battice-Plombières et son appendice Battice-Verviers. En effet, une actualisation du récit et de l’iconographie était encore possible, et pouvait compléter celle existante.
Il faut signaler qu’au-jourd’hui, la vie active de la ligne 38 serait difficile à coucher sur papier. Tout d’abord, les fabuleuses archives du 4ème arrondissement de la Voie de Verviers n’existent plus; en juin 2000, c’est de la place dont on manquait cruellement dans ce bâtiment, et sans concertation, ce sont des dizaines de boîtes de plans et notes de toutes les lignes et raccordements de la province de Liège qui furent détruits sans vergogne et sans regret. La totalité des rayonnages de cette caverne d’Ali-Baba est partie en fumée. C’est pourquoi, nous avons couché dans ces pages les ultimes dates, précisions et renseignements que nous avons pu collecter. De plus, photographiquement parlant, il était temps de comparer la transformation du paysage à certains endroits du tracé après 10 ou 20 ans. La nature sauvage que l’on n’arrête pas comme le progrès, reprend petit à petit ses droits, et quelques sites particuliers du parcours demandent un grand effort d’imagination pour retrouver l’émotion du passé. Enfin, les rangs des anciens se sont inéluctablement clairsemés.
Parce que nous sommes quelques-uns à avoir vécu l’automne de la ligne 38, il nous a semblé utile de pérenniser son histoire dont les hommes qui la servaient ont été les acteurs.
Nous espérons que cette modeste "bible" de la ligne 38 réveillera le souvenir du temps passé auprès des riverains et des derniers anciens de ce chemin de fer transhervien.

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