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Ène bauke su lès bwès d' l' Ârdène, tome I
« (Regards sur la forêt ardennaise) »
Broché / 88 pages / édition de 1984
langue(s) : français
éditeur : Scaillet
dimensions : 210 (h) x 145 (l) x 7 (ép) mm
poids : 125 grammes
DISPONIBLE
très bon état
14,95 EUR
référence : 1016042
Tous les prix incluent la TVA
Etre enfant de Belgique, enfant d’Europe, enfant de la Terre mais rester Wallon, Ardennais, voire Transinnois, voilà ce que peut offrir à nos cadets notre belle civilisation. Malheureusement, et pour des raisons politiques et économiques évidentes, les chevaliers de la tendance centrifuge ont gagné un terrain extraordinaire sur les gardiens de la tendance centripète. Ceux-ci, en outre, constituent un groupe profondément hétérogène : animateurs régionaux, folkloristes, naturalistes, linguistes ne savent pas qu’ils luttent pour conserver un même patrimoine. Mais que sera ce patrimoine sans la langue wallonne qui fut pendant des siècles le support de notre culture régionale? Bien sûr, elle s’avère plus coriace que ne l’auraient supposé ceux qui avaient prédit sa mort prochaine au siècle dernier. Mais en 1984, son pronostic vital devient vraiment des plus réservé. Les derniers wallonophones de naissance, hommes et femmes, ont grandi dans l’entre-deux guerres dans les familles où ne régnait pas encore l’antiwallonophonie, pourtant très active à l’école pendant cette période. Parmi leurs enfants nés après 1945, certains garçons sont restés wallonophones, mais pratiquement plus aucune fille. Dès lors, les enfants naissant ces dernières décades n’entendront plus que le français dans leur berceau, à une époque où les grand-parents sont relégués loin des jeunes couples.

Certes, certains de nos penseurs, qui perçoivent l’incongruité d’une Wallonie devenue francophone, voudraient prolonger l’agonie du mourant Néanmoins, les moyens d’y parvenir sont loin de faire l’unanimité. Parmi ceux-ci, le décret du Conseil de la Communauté de Culture romane de Belgique concernant l’étude à l’école des dialectes de Wallonie (MB. 15.3.83) constitue un moyen thérapeutique qui, s’il est administré intelligemment, devrait être d’un réel appoint

C’est dans ce cadre que nous offrons ces textes à la réflexion des wallonophiles et tout particulièrement des enseignants désireux de transmettre en wallon des connaissances concernant l’histoire régionale, les technologies anciennes, la biologie. En dehors des renseignements linguistiques, les enseignants de science, d’histoire... pourront y puiser des matières concernant l’environnement immédiat, tel qu’il était connu par la science de nos pères.

Mais le dialecte varie d’une région à l’autre, d’un village à l’autre. Il reviendra donc aux utilisateurs de cet ouvrage de l’adapter à leur entourage linguistique. Chacun arrivera peut-être à décortiquer son wallon comme nous avons tenté de le faire à partir de nos textes pour notre propre variante dialectale.

Puissent les enfants, de demain être à nouveau confrontés dès leur berceau à deux langues différentes : notre koïné de communication suprarégionale, le français, et nos langues d’identification culturelle, les wallons (ou le gaumais ou les picards). Né dans un environnement délibérément polyglotte, l’enfant ouvrira son esprit à l’apprentissage des langues de nos partenaires dans le cadre de notre patrie belge, puis de notre communauté d’Europe de l’Ouest, voire à celles d’autres frères de la planète. Encroûté dans l’unilinguisme d’une langue prétendue internationale, il marchera inévitablement vers un syndrome de castration linguistique qui risque de l’handicaper dans le monde de demain.
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