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«Notre Congo / Onze Congo» : La propagande coloniale belge. Fragments pour une étude critique
Broché / 86 pages / édition de 2000
langue(s) : français
dimensions : 270 (h) x 210 (l) x 7 (ép) mm
poids : 360 grammes
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Quarante années ont passé depuis la fin du « Congo Belge ». Il peut sembler étonnant de s'attarder, en l'an 2000, sur l'histoire de la propagande de cet empire englouti. Les temps coloniaux sont loin. Pourquoi titiller leurs fantômes ? S'acharner sur leurs vieilles icônes ?

Précisément parce qu'en Belgique on a peu osé, de façon publique, questionner de front l'énorme stock d'images engendrées et léguées par la machine coloniale. Le malaise qui a suivi une indépendance houleuse et les rapports ambigus longtemps entretenus par divers pouvoirs (eux-mêmes héritiers de la célèbre Trinité coloniale : Etat, Eglise, Grandes sociétés) avec la dictature mobutiste ont empêché, à plusieurs reprises, une mise à plat indispensable à la « décolonisation mentale » qui aurait dû s'opérer aussi dans les esprits des ex-colonisateurs.

Remuer le passé, aux yeux de beaucoup, c'est simplement faire des vagues inutiles et même faire obstacle à un oubli « bénéfique », qui serait la nécessaire condition de rapports neufs, plus humains, plus responsables, entre deux pays, deux peuples, dont on proclame pourtant souvent qu'ils sont « condamnés à s'entendre parce que reliés par une histoire commune ».

Nous sommes, bien au contraire, de ceux qui pensent que l'oubli et l'ignorance entretenue sont les pires des solutions et qu'on ne peut parvenir à un dialogue serein, sincère, fructueux, etc., sans avoir préalablement balayé devant sa porte, au vu et au su de tous. Si l'on demande à d'autres peuples de transcender leurs passés (passés lointains ou tout proches) où ils furent, selon les cas, oppresseurs ou opprimés — et parfois les deux, ensemble ou tour à tour—, pour instaurer ou restaurer concorde, démocratie, droits de l'homme, ce ne peut être, on le sait bien, au prix et par le moyen d'une amnésie provoquée. Tous les retours du refoulé de l'histoire contemporaine en témoignent amèrement. Il importe donc toujours, dans les rapports Nord-Sud comme ailleurs, de chercher à clarifier les zones d'ombre d'autrefois.

La colonisation belge a été longuement étudiée dans de nombreux travaux d'historiens, d'économistes, de sociologues, de politologues, d'anthropologues, etc., sous ses aspects les plus divers. En Belgique, bien des études remarquables, richement documentées, sont dues aux recherches fouillées de Stengers, Velluti, Salmon, Bontinck, pour ne citer que quelques historiens. Du côté congolais aussi, des noms marquants se sont imposés : M'Bokolo, Sabakinu, Zana, Ndaywel (dont la récente et monumentale Histoire du Congo surgit à point nommé pour offrir une synthèse précieuse). Ailleurs, en France, Merlier, Cornevin ont, en leur temps, parcouru le domaine. Au Canada, Jewsiewicki a multiplié les travaux d'analyse, sous l'angle original de la vision populaire. Aux Etats-Unis aussi, des publications variées (Emerson, Hochschild) ont porté sur le sujet, en particulier sur l'ère léopol-dienne, ravivant des débats anciens. [...]
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