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Redu à pas contés
« Promenades commentées & environnement »
Broché / 72 pages / édition de 1996
langue(s) : français
éditeur : A. Colpin
dimensions : 220 (h) x 120 (l) x 6 (ép) mm
poids : 160 grammes
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Elle s’appelait « Pastel d’Automne». Le soleil l’inondait d’une lumière diffuse, sans ombre. Sa douceur la reliait au monde des rêves.

Je la caressais du regard comme une plume sur l’aquarelle.

Je m’y sentais hors du présent. Puis elle se mit à vivre autour de moi. J’en devenais l’acteur inconscient. Les caractères des autres personnages prenaient des traits complices de futurs amis que j’allais revoir souvent...

Un samedi de novembre. Entraîné par ma bonne fée, je pénétrais au « Bateau Ivre». Un univers marbré de sculptures de pierres et de reliures dorées... un piano à queue noir luisant comme un scarabée géant... des œuvres de néons bleus aussi géométriques qu’incompréhensibles... et une voix chaude en suspension dans le temps. Précédé d’un regard curieux cerclé de lunettes rondes, les cheveux noirs soigneusement ramassés à l’arrière, Henri Lambert s’avança. Avec lui, c’est tout un art de vivre qui s’ouvrait à nous.

Puis il y eut Denise l’amazone, André le taille-doucier, Etienne le garde-champêtre... et tous les autres!

Le tableau était bien vivant. On y riait, on y buvait. Nous étions des leurs... et les fêtes allaient se multiplier avec les parfums des saisons.

Parfums de passé, le nez plongé dans ces vieux livres déjà habités par tous ceux qui s’y étaient abandonnés l’esprit. Livres tout chargés de leur histoire, cherchant le nouveau souffle de leur raison d’être et que l'on disait « d’occasion »... trop belle de coûter moins... parce que d’autres leur avaient déjà donné vie ?

Parfum d’éternité parce que nous y vivions l’époque de la prodigieuse inconscience du temps guipasse, du temps de l’amour et de l’amitié, où «impossible» n’était pas encore français.

Parfum d’avenir, avec ces champignons blancs aveuglants, enracinés en pleine campagne comme de la poussière d’étoiles que l’espace aurait semée dans ses champs de blés.

Parfum de nature, le long de la Lesse, débordante, généreuse, le lit. parfois trop accueillant de celle dont on abuse et puis qu’on laisse.

Parfum sauvage d’animal aimé, d’un cheval fougueux qui se cabre à la rencontre d’un sanglier ou se fige au spectacle d’un petit groupe de cerfs venus s’abreuver au ruisseau, dans le faisceau des rayons du soleil couchant; d’un martin-pêcheur taquinant l’ombre d’une truite sous le regard perçant de la buse variable...

REDU, on en oublierait le reste du monde!
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