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Encyclopédie de l'occupation, de la collaboration et de l'Ordre Nouveau en Belgique francophone (1940-1945)
Cartonné / 574 pages / édition de 2016
langue(s) : français
dimensions : 304 (h) x 216 (l) x 33 (ép) mm
poids : 2350 grammes
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Lorsque, pour la seconde fois en un quart de siècle, l’Allemagne envahit notre pays, elle ne s’aventura pas en terre inconnue...

Dès avant le conflit, la Kriegsorganisation - KO, l’antenne des services d’espionnage allemand camouflée à l'ambassade du Reich à Bruxelles, avait préparé le terrain.

L'Abwehr en avait fait autant en établissant le relevé méticuleux des fortifications, ouvrages d’art, concentrations de troupes, ponts, chaussées et routes d’accès. Sa section de sabotage (Zweierorganisation ou Gruppe II) avait même réussi à recruter des déserteurs de l’armée belge, originaires des Cantons de l’Est. Une fois instruits à Düren, au sein du Bau-Lehr-Bataillon z.b.V. 800, ceux-ci furent utilisés comme guides pour, à l’aube du 10 mai 1940, avant même l’heure H, empêcher la destruction d’ouvrages qui auraient pu retarder l'avance des premiers éléments de l’invasion.

En outre, les universités de Rhénanie et de Westphalie avaient déjà « planché » depuis plusieurs années, dans un certain esprit, sur les caractéristiques politiques, sociales, culturelles et linguistiques des petits voisins occidentaux. Les travaux scientifiques relevant de cette Westforschung allaient être utilisés par les autorités militaires allemandes d’occupation.

A la tête de la Militärverwaltung, le général d’infanterie A. von Falkenhausen administre (jusqu’au 14.07.1944) la Belgique et les départements français du Nord et du Pas-de-Calais transférés sous son autorité. Il est assisté de deux états-majors, l’un purement militaire avec pour mission d’assurer la sécurité en territoire occupé ; l’autre consiste en une branche administrative. Cette dernière prend en charge l’aspect non militaire de l’Occupation.

L’ensemble de cette bureaucratie est composé de départements subdivisés en un nombre impressionnant de bureaux - Referate - spécialisés dans un aspect bien défini de la vie publique. Dans le présent ouvrage, nous nous sommes appliqué à détailler ces services.

Afin de contrôler le pays, les services centraux de Bruxelles quadrillent la Wallonie et le Nord de la France d’un réseau de quatre Oberfeldkommandanturen : l'OFK 672 (Bruxelles), l’OFK 520 (Charleroi, puis Mons), l'OFK 589 (Liège) et l'OFK 670 (Lille) couvrant chacune une ou plusieurs provinces, la dernière couvrant les deux départements du Nord de la France.

À leur tour, les OFK sont subdivisées en Feldkommandanturen-FK correspondant à un ou plusieurs arrondissements. À l’échelon inférieur nous trouvons les Ortskommandanturen.

Il en est de même des services policiers, et plus particulièrement la Sipo-Sd. Cette expression englobe les services de la police judiciaire (Kripo), de la police de l’État (Stapo) et de la sécurité (Sicherheitsdienst). Elle est exportée comme telle dans les pays occupés, toutefois sans la section Gestapo (Geheime Staatspolizei) - uniquement opérationnelle à l’intérieur des frontières du Reich.

La Sipo-Sd installe des succursales dans les principales villes de Wallonie et dans le Nord de la France. En fait, il s’agit de calques des services centraux de Bruxelles, à cette différence près que seul le service central à Bruxelles dispose d’un département VI/RSHA (espionnage politique à l’étranger), alors qu’en province cette activité relève sur le plan local du bureau local IV.E.

Il nous a paru aussi intéressant de dresser l’organigramme et la structure de I’Abwehr, de la Sipo-Sd, de la Militärverwaltung, tant au niveau des services centraux à Bruxelles qu’en province, et en général, de tout ce qui englobe le premier volet de notre ouvrage : L’Occupation.

L’opération Seelöwe - l’invasion de la Grande-Bretagne -, absorba, pendant quelques mois, l’essentiel des activités de \'Abwehr. Celle-ci ne s’activa complètement qu’après l’invasion de l’URSS en juin 1941, aidée en cela par des agents et auxiliaires belges - pour certains déjà opérationnels pendant l’entre-guerre.

Si certains d’entre eux sont connus du grand public, tel le couple Dezitter-Giralt, qui aujourd’hui - à part les familles qui eurent à souffrir de leurs agissements - se souvient encore, par exemple, d’un Isidore Leblanc ? Ce dernier fut à l’origine du Fall Porto, vaste opération menée par les services du colonel O. Reile, chef du ///.F (section de contre-espionnage) de I’Abwehrleitstelle Frankreich laquelle, en relais avec \’Abwehrstelle Belgien, procéda à un coup de filet se soldant par l’arrestation de plus de neuf cents personnes en France et en Belgique, parmi lesquelles le général de réserve Fernand Gennotte. Il en est de même des individus tels que C. Schnoeck et J. Harrus sévissant dans la région verviétoise ou encore de F.-V. Dricot, alias Rougeron, travaillant alternativement pour \'AST-Belgien de Bruxelles et ses Außenstellen à Liège et Mons. Nous avons identifié plusieurs de ces individus.

Pour l’aider dans sa tâche administrative, policière et militaire - le personnel allemand ne suffisant pas - l’Occupant peut compter sur le concours et l'aide d’un certain nombre de groupements, d’associations, de formations et d’individus de tout plumage. Il en est de même dans le domaine social, culturel, administratif, intellectuel, politique et économique. Les protagonistes et dirigeants de ces catégories de personnes ont également retenu notre attention. Nous leur avons consacré une grande partie de nos recherches.

C’est l’occasion d’aborder le deuxième volet de notre ouvrage : La Collaboration.

Ainsi, nous avons mis en évidence la structure et la hiérarchie de mouvements tels que le Mouvement de Rex, Les Amis du Grand Reich Allemand - AGRA, La Communauté Culturelle Wallonne - CC\N, etc. Il en est de même de leurs mouvements de jeunesse, et d’une manière plus générale, des structures politiques, sociales ou culturelles mises en place par la Collaboration.

Dans le domaine social épinglons l’instauration, en Allemagne, d’organes comme les Maisons Wallonnes (tendance D.A.F) concurrencées en Belgique par les Cercles Wallons - CW, ou encore la mise en place de structures ayant pour vocation l'aide sociale, morale et d'entraide aux familles de légionnaires comme L’Honneur Légionnaire ou, d'une manière plus étendue, le Bien-Être du Peuple - B.E.P., téléguidé par le Nationalsozialistische Volkswohlfahrt - NSV allemand, appelé à concurrencer le Secours d’Hiver.

La Collaboration intellectuelle se caractérise par l’aide apportée à l’ennemi par voie de presse et de radiodiffusion. Dans la première catégorie, nous incluons les agences de presse comme Belgapress et Graphopresse ainsi que l’agence photographique Sipho, l'une des quatre agences agréées par la Propaganda Abteilung pour l’illustration de la presse. Dans la seconde, mentionnons Radio Bruxelles et Radio Wallonie en Allemagne après septembre 1944, sans oublier les émissions de langue française par voie de l’émetteur Radio Stuttgart où des Belges francophones manient le micro.

Cette collaboration intellectuelle vise surtout les journalistes et hommes de plume. C’est l’occasion de faire le tour de la presse censurée francophone en Belgique ainsi que celle installée en Allemagne pendant et après l’Occupation.

La collaboration administrative concerne principalement les échevins et bourgmestres des grandes agglomérations ou tous ceux qui, d'une manière générale, ont participé à la transformation des institutions. Nous nous sommes également intéressé à cette catégorie de personnes.

Toujours dans le cadre du volet traitant de la Collaboration, nous n’avons pas omis de signaler la présence de formations paramilitaires telles que la Garde Wallonne, les Formations de Combat, les Sections d’Assaut (AGRA) et, dans une moindre mesure, la Garde Rurale. Dans ce registre, mentionnons encore le Nationalsozialistisches Kraftfahrerkorps - NSKK, moutures Rex et AGRA ; le Service des Volontaires du Travail pour la Wallonie - SVTW, tendance rexiste, et sa prolongation en Allemagne (ReichswallonischerArbeitsdienst) ou encore les Schutzkommandos armés de [Organisation Todt-OT.

Les formations dites antiterroristes, telles la Bande Jadoul-Fissette opérant dans la région liégeoise ; la Bande Duquesne à La Louvière ; la Bande Chéron à Quaregnon ou encore la Bande Jayé dans la région de Braine-le-Comte et Jumet, n’ont pas échappé à nos recherches. Il en est de même du Département Sécurité et Information - D.S.I. et de ses Brigades éparpillées en province.

Des créations obscures comme la Deutsch-Wallonische Arbeitsgemeinschaft - DeWag et le Deutsch-Wallonischer Arbeitskreis - DeWak, sans compter les nombreuses officines et autres Dienststellen employant des nationaux au service de l’Occupant, sont également l’objet de nos commentaires. Il en est de même en ce qui concerne la Ligue pour la Sauvegarde de la Race et du Sol - D.P., La Ligue antimaçonnique Belge-L’Épuration - L.A.M.B, leurs dirigeants nationaux, locaux et leurs organes respectifs.
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