Parmi les édifices les plus modestes que nous ont légués le Moyen Age, la Renaissance et le début de l’ère contemporaine, les fontaines et les puits publics sont à peu près les seuls qui, tout en assumant une fonction essentiellement utilitaire, ont apporté dans nos villes un élément précieux d’enseignement, de charme et de beauté. Rares sont ceux qui n’ont point une histoire ou une légende, souvent intéressante par la lumière qu’elle projette sur quelque aspect de la vie, de la sensibilité, ou de la foi de nos pères. Si, en ces temps qui nous paraissent lointains, les commodités étaient restreintes, au moins s’efforçait-on d’y attacher du prix en donnant à l’instrument de celles-ci une forme agréable et expressive. Bon nombre de ces monuments, précieux à divers titres, constituent de véritables œuvres d’art et manifestent de la part de leurs auteurs de réelles qualités de goût et d’imagination, un sens profond de l’harmonie, compris en raison du milieu, de l’ambiance. L’amour de la forme et du beau métier s’y manifeste librement. Ils étaient ainsi une occasion et un prétexte à cette extériorisation du sentiment plastique des artistes et des artisans de ces temps, une sorte de concrétisation de l’instinct et de l’humour populaires qui s’y exprimaient parfois.
Quelques fontaines sont commémoratives et dédiées au Saint protecteur de la paroisse, au Prince qui savait, d’une façon ingénieuse, perpétuer sa mémoire par une œuvre utile. Quelquefois aussi, et particulièrement dans certaines villes wallonnes, elles sont un glorieux symbole des libertés de la cité.
Beaucoup d’entre elles sont l’œuvre d’artisans anonymes et ingénus; elles n’en manquent pas moins de saveur, malgré certaines gaucheries qui en marquent parfois l’exécution.

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