Lorsqu'il y a quelques semaines, M. l’abbé Froidure m'a soumis comme à beaucoup de ses camarades, le texte du livre qu'il se proposait d’écrire sous le titre « Calvaire des Malades au Bagne d’Esterwegen», j'ai revécu avec une extraordinaire acuité, les circonstances dans lesquelles, voici un an, je déchiffrais déjà les relations que j'avais sous les yeux.
Ceux qui ont accompagné M. l'abbé Froidure dans ses diverses détentions savent que leur compagnon avait toujours une idée originale dans la tête et aussi, un objet qui n'était pas banal non plus —, je n'oserais dire dans les poches parce que, sauf un mouchoir, il était défendu d'avoir quoi que ce soit dans les poches — mais quelque part dans ses vêtements.
Un matin que nous partions au travail et que nous nous rangions par cinq dans la cour, pouf l'appel, voici l'abbé qui, dans la confusion des alignements, se faufile et vient plein de mystère se placer près de moi.
Il fallait observer le silence : les gardiens montaient et descendaient le long des rangs pour nous compter. Ce n'est qu'à la faveur des circonvolutions de l’escalier qui conduisait à l'atelier où nous étions employés à des travaux de tailleurs, que l'abbé m'annonça qu’il me passerait au cours de la journée des petits cahiers ; il avait écrit les chapitres d'un livre qu’il publierait à son retour, sur la vie des malades à Esterwegen.
C’est ainsi que le soir, au retour en cellule, j’étais en possession de cinq petits cahiers dissimulés dans mes chaussettes et que [...]

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