Dès la mobilisation, la S.N.C.F. eut à remplir son rôle d’organisme militaire traditionnel ; elle sortit des combats de 1940 gravement mutilée mais résolue à aider à la reprise économique du pays avec tous les moyens qu’un occupant avide lui laissait. A tous égards, la personnalité morale de la S.N.C.F. s’opposa à l’autorité allemande : réquisition de personnel, de locomotives, de matières essentielles. La lutte sur le plan général fut quotidienne, et en tous les domaines, encore que, concessionnaire d’un service public, cette société nationale dut souvent s’incliner devant les injonctions de Vichy. Mais cette sujétion ne s’imposait pas aux cheminots eux-mêmes et, dès les premières heures de l’occupation, la résistance individuelle multiplia les actions dommageables à l’ennemi. Passages d’une zone à l’autre, franchissement des frontières, poste et change clandestins, sabotages des voies et des engins, détournement des marchandises allemandes, attaques à main armée, résistance au départ pour le S. T. O., renseignements à destination de Londres, tout ce qui pouvait nuire à l’ennemi fut entrepris. La répression fut violente : fusillés et déportés s’ajoutèrent à la liste des victimes des bombardements de gares. Puis, un jour, les trains s’arrêtèrent ; la grève fut générale. Les armées allemandes regagnèrent difficilement le Reich, gênées jusqu’à la fin par les cheminots.

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