C'est le destin étonnant de Louis Bertrand, ouvrier, militant, journaliste, échevin, député et ministre d’Etat.
Quel parcours pour cet ouvrier marbrier qui parviendra, en quatre-vingt-sept ans d’une vie bien remplie, à être de tous les grands moments de la vie politique belge en général et de celle du parti socialiste en particulier.
Fondateur de la Boulangerie ouvrière, future Maison du Peuple, du Parti ouvrier belge (POB), du journal Le Peuple, de la Prévoyance sociale, des coopératives, il laissera à notre cité le Foyer schaerbeekois, première société de logement social et, surtout, une commune à l’urbanisme totalement remodelé.
Ce pragmatique modéré, ouvert et tolérant, tenant du socialisme municipal, est tombé dans un injuste oubli que sa discrétion — voire son effacement - pouvait laisser envisager.
Il faut donc rendre hommage aux membres du comité organisateur d’avoir voulu redonner à cette grande figure du progressisme le coup de projecteur qu ’elle méritait.
Il faut surtout souligner l’intérêt historique du travail entrepris depuis plus d’un an par le comité scientifique placé sous l’autorité éclairée du professeur Jean Puissant.
Les recherches entreprises permettent de remettre en perspective l’influence de Louis Bertrand au sein du Collège des bourgmestre et échevins de Schaerbeek, notamment en matière de politique sociale et d’urbanisme. Elles soulignent aussi les critiques dont fut l'objet ce fils d’ouvrier, cible des conservateurs qui lui pardonnaient mal sa réussite sociale.
Enfin, grâce à la collaboration de descendants de Louis Bertrand, et plus particulièrement de Jacques Piroux et Michèle Vanderstraeten-Selderslag des documents personnels peuvent être montrés pour la première fois.
Louis Bertrand, qui parle si peu de lui dans ses souvenirs, y perdra sans doute un peu de son mystère, mais il cessera enfin, dans la mémoire des citoyens, d’être « ce bonhomme dont une avenue schaerbeekoise porte le nom ».
L’exposition dont ce catalogue constitue la trace ne représente donc pas seulement un travail historique, elle s’inscrit parfaitement dans le cadre d’une politique communale de redynamisation et d’ouverture.
Je ne puis que me réjouir qu’elle soit le fruit d’une excellente collaboration entre mon échevinat et le service des Beaux-Arts dont notre bourgmestre, Francis Duriau, a la charge.
En unissant nos efforts et en évoquant le militant et son époque, nous rappelons au citoyen d’aujourd’hui qu’avec une vision, de la volonté et de l’obstination, le politique peut influencer le cours des choses et travailler à l’intérêt général.

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