DANS la matinée du dimanche 18 février 1934, une affreuse nouvelle se répandit comme une traînée de poudre : « Le roi Albert s’est tué hier après-midi dans les rochers de Marche-les-Dames ! ».
Peu après, le pays tout entier était plongé dans la douleur et la stupéfaction. Stupéfaction
bien compréhensible d’ailleurs étant donné que jusque-là, cinquante personnes tout au plus avaient été au courant des sorties d’entraînement du roi Albert dans les rochers belges. A part les villageois vivant le long de la Lesse, de la Meuse ou de l’Ourthe, bien peu de nos compatriotes se doutaient que les membres du Club Alpin Belge utilisaient comme terrain d’exercice les parois et arêtes calcaires jalonnant les berges de ces rivières.
Le roi Albert pouvait-il tomber dans les modestes falaises de la vallée mosane ? C’était presque incroyable, même pour nous, alpinistes, car si nous avions quelque idée des ascensions du Roi dans les Alpes, c’est à peine si nous soupçonnions ses escalades en Belgique. Or, nous le verrons plus loin, le roi Albert fréquentait depuis plus de quatre ans tous les rochers de chez nous où nos jeunes grimpeurs avaient découvert des possibilités d’escalade. Lorsqu’il disposait d’une journée, il poussait jusqu’à une centaine de kilomètres de Bruxelles, à Freyr ou à Waulsort dans la vallée de la Meuse, à Chaleux sur la Lesse, ou encore à Sy et au Hérou sur les rives de l’Ourtbe. Cependant, ces sorties avaient lieu en semaine, et le temps manquait souvent pour se rendre aussi loin. En une demi-journée, toutefois, le Roi pouvait aller s’exercer à Marche-les-Dames ou aux Grands Malades, aux [...]

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