J’ai fait la connaissance de Xhignesse et de son église, il y a plus de vingt ans. Du haut de l’aride mamelon de « Sur Tombeux » où les tentes dominaient tout le paysage, mes yeux ont parcouru les vertes collines, le sillon élargi de l’Ourthe qui s’apaise après le sauvage défilé de Sy, Hamoir bien assise dans la plaine et l’étranglement de Tabreux.
Surpris par tant de variété dans le site, par tant de douceur et de brusquerie à la fois, dans les lignes qui le délimitent, mon regard s’est attardé sur le hameau d’en face, mélange de pierres grises, d’arbres et de buissons, où tout semble dispersé dans un aimable désordre.
Parmi les fermes, les jardins et les vieux murs, une église sortie des siècles paraissait abandonnée au milieu d’un cimetière antique. Cela valait une visite plus approfondie, une exploration détaillée et, dans la surprise d’une découverte recueillie, je compris, alors, que Xhi-gnesse devenait pour moi un symbole : celui d’une Ardenne liégeoise au passé intense, qui refuse de mourir.
J’ai revu Xhignesse en de multiples circonstances, en suivant le développement touristique de Hamoir qui lui prit, jadis son rang paroissial et s’agrandit à son détriment.
Puis un beau soir d’été, ce fut l’appel qui me parvint du vieux hameau : Xhignesse avait, enfin, des amis décidés à sortir le temple de son abandon, des « compagnons bâtisseurs » voulant sauver ce qui pouvait l’être et rendre, peut-être, à la vieille église, les marques de respect dues à l’âge, à la beauté, à l’antique grandeur.
Il s’était trouvé des hommes —- des historiens, des artistes, des mécènes — pour relever un des plus vieux étendards de la terre de Logne et unir leurs efforts dans un but admirable : empêcher la disparition d’un témoin précieux de tout un passé d’art et d’histoire.

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