L’étude des saints patrons de métiers semble être, à première vue, une recherche aisée ou un passe-temps amusant auquel les folkloristes consacrent une attention comparable à la manie des collectionneurs.
SI cette étude comporte en effet des aspects distrayants, elle répond aussi, croyons-nous, à des questions qui préoccupent nos contemporains, de plus en plus soucieux de conserver les traces du passé. C’est ainsi que l’histoire des professions et l’étude des mentalités, tant profanes que religieuses, rencontrent dans le public un Intérêt croissant.
Définitions et problèmes
Il reste aujourd’hui quelques souvenirs du patronage des saints dans les professions. Certains almanachs, journaux (1) et dictons évoquent les fêtes de saint Elol (le 1er décembre), de sainte Barbe (4 décembre), etc., mais, en général, les invocations de patrons de métiers ont cédé la place à l’usage «météorologique» du calendrier des saints. Il subsiste cependant des passages surprenants d’un usage à l’autre : songeons à saint Médard, patron des fabricants de parapluies et des commerçants de vêtements Imperméables ...
L’Eglise catholique n’a pas abandonné l’Institution de saints patrons pour certaines catégories de ses fidèles. Par exemple, saint J.-M. Vlanney fut déclaré, le 23 avril 1929, patron de tous les curés, et, le 28 août 1930, saint Jean de Dieu et saint Camille de Lellls patrons des infirmiers catholiques dans le monde entier. Il s’agit ici de patronages universels dans le système de la religion catholique. Ils s’appliquent à tous les membres de l’une ou l’autre catégorie professionnelle.
Le sujet de l’exposition de Braine-le-Château ne s’étend pas à l’énumération de tous les saints patrons de toutes les professions représentées en Wallonie au cours de l’ère chrétienne. Ce but-là serait beaucoup trop ambitieux. Nous nous limitons volontairement à l’énumération des saints patrons des corporations (de métiers) à la fin de l’Ancien Régime. En d’autres termes, nous avons choisi de retenir les corps de métiers organisés généralement dans les villes, à l’époque où l’organisation corporative fut la plus étendue dans la vie artisanale, commerciale et industrielle de la Wallonie.
Suivant les définitions de Guillaume Des Marez et d’Emile Coornaert, nous considérons comme corporations «une association professionnelle investie d’une certaine autonomie, munie de règlements officiellement reconnus et dirigée par des chefs librement choisis par elle» (2) et/ou «un groupement économique de droit quasi public (ou semi-public), soumettant ses membres à une discipline collective pour l’exercice de leur profession» (3). Ces définitions, «distendues» selon E. Coornaert, nous permettent de citer un grand nombre de communautés (marchandes, Industrielles et même partiellement agricoles) [...]

rechercher des articles similaires par catégorie
rechercher des articles similaires par thème: