LEOPOLD II aimait parcourir les grands plateaux étagés de l’Ardenne ; il trouvait aux bords de la Lesse, un calme et une quiétude que le Midi de la France ne réussissait pas toujours à lui prodiguer. Au cœur même de l’hiver, il n’hésitait pas à s’engager dans les petits sentiers abrupts et rocailleux. En s’appuyant de la main gauche sur une grosse canne de chêne, il s’avançait toujours plus loin dans la vallée. On aurait juré qu’il ne connaissait pas la fatigue.
Tout en marchant, le Roi semblait entièrement absorbé par ses pensées ou ses rêveries. Il demeurait parfois plus d’une heure sans souffler mot à son compagnon de route. Puis, brusquement, fusait une phrase lapidaire, une réflexion teintée d’ironie cruelle. En quelques mots bien frappés, une situation particulière se trouvait condensée, ou bien encore, un aspect déconcertant de la vie [...]
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