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La Basilique de Koekelberg : Architecture et mentalités religieuses
Broché / 142 pages / édition de 1986
langue(s) : français
dimensions : 270 (h) x 208 (l) x 11 (ép) mm
poids : 576 grammes
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L'enfer des arts, comme celui des âmes, est pavé de bonnes intentions, puisqu'au hasard des circonstances du bon goût, certains monuments sont abandonnés par les censeurs de l'esthétique et ne suscitent plus l'enthousiasme populaire. Sans poser a priori la question de la critériologie du beau comme perception innée ou acquise, nous reconnaîtrons ce fait en lui accordant une simple valeur heuristique.

La basilique nationale du Sacré-Cœur de Koekelberg fait partie de ces œuvres décriées et abandonnées aux oubliettes de la mémoire. Si l'on admet qu'aucun jugement n'est gratuit ni innocent et qu'à chaque fois il révèle — pour qui veut s'armer de quelque patience — un système de distinctions caractéristiques des choix et des besoins d'une société, une telle indignité doit retenir l'attention, car elle pose le problème de l'insertion de l'œuvre d'art dans l'univers social et, corrélativement, de l'interprétation que celui-ci pose sur celle-là.

On en vient de la sorte à reconnaître l'importance de l'articulation de l'art sur la société qui le produit et lui donne sens. Au point de vue méthodologique, ce constat pousse dès lors à entreprendre une analyse qui, loin de voir dans les manifestations artistiques une logique en-soi, indépendante de toute détermination, les considère plutôt comme des réponses spécifiques aux attentes et aux choix des hommes qui les ont produites. Une approche de ce genre tend finalement à réinvestir l'espace architectural d'une dimension synthétisée sous le concept de mentalités, et ainsi à enrichir les approches traditionnelles de l'histoire de l'art par une problématique plus totalisante.

La basilique de Koekelberg se prête heureusement à une telle méthode.
De ses premiers projets datés de la fin du XIXe siècle à sa réalisation finale en 1970, elle couvre en effet une période presque séculaire, durant laquelle la société a subi de profondes mutations qui ont transformé, entre autres, la place et la nécessité de l'architecture religieuse. Qui plus est, une recherche centrée sur ce monument permet de combler certaines lacunes de l'historiographie et de comprendre plus précisément l'évolution de l'art religieux confronté aux bouleversements du XXe siècle.

Le développement de l'ouvrage obéira aux prémisses de cette méthode. Si chacune des quatre parties — esquisse historique, notes d'architecture, aspects techniques et financiers, approche du mobilier liturgique — aborde plus particulièrement un aspect de la problématique, nous n'avons cependant pas voulu les rendre hermétiques les unes aux autres. En fait, chaque partie constitue une étape du raisonnement et ne prend sa pleine signification qu'en rapport étroit avec l'ensemble de la démonstration que nous essayerons de rendre sensible à travers tout l'ouvrage, c'est-à-dire les corrélations existant entre les possibilités de la création artistique et les attentes du corps social.
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