Ce travail, inutile de le nier, trouve son origine dans la généalogie. Du fait qu'au XVIIIe siècle, tous mes ancêtres vivaient au Pays de Hervé, j'ai été amené à me pencher sur l'histoire ecclésiastique et civile de presque chaque localité et à m'intéresser à cet ensemble de relations que vécut le pays des trois frontières. La complexité et l'enchevêtrement des juridictions était tels que nous avons de la peine à nous les imaginer aujourd'hui, et les limites dans le temps et l'espace ont évolué aussi. A la base des recherches généalogiques se trouvent les registres paroissiaux, sorte d'état civil de l'ancien régime ; pour bien les utiliser, il faut savoir où ils nichent et quelles périodes et quelles localités ils recouvrent ; c'est pourquoi le plan et le titre de cette étude se réfèrent à la division ecclésiastique ; la situation civile de chaque localité ne vient qu'en complément, de manière à orienter ensuite les recherches vers les cours de justice compétentes, qui tenaient alors lieu de ce que nous appelons l'enregistrement, et en partie le notariat. Je tiens essentiellement à rendre service en faisant profiter le plus de monde possible de ce que j'ai pu découvrir et de ce que d'autres avaient déjà publié d'une manière globale ou fragmentaire ; il ne s'agit pas de faire montre d'érudition, car un projet aussi vaste ne peut pas prétendre avoir tout dit et n'avoir dit que la vérité à propos de soixante paroisses de l'ancien régime ; il y aura sans doute bien des addenda et des corrigenda, et c'est volontiers que je recevrai des précisions et des rectifications de la part de ceux qui sont encore plus familiarisés avec l'histoire de telle ou telle localité.
Il ne s'agit pas de magnifier l'ancien régime comme un âge d'or, mais de le reconnaître comme une époque dont nous ne pouvons comprendre l'influence qu'elle a eue sur nos ancêtres qu'en montrant l'enchevêtrement de ses structures, héritées de la féodalité ; il ne s'agit pas non plus de porter un jugement sur la manière dont l'Eglise catholique s'était accommodée de cet état de choses. Quand Napoléon arriva avec le Concordat, il fallut bien accepter une nouvelle organisation qui, si elle avait le mérite de faire table rase d'une foule de privilèges, avait peut-être le tort de copier trop servilement la nouvelle organisation civile. Ils seront sans doute nombreux ceux qui s'étonneront de ne rien trouver ici concernant les communautés de la Réforme ; je puis heureusement affirmer qu'il n'y a là ni oubli ni mépris, et mon sentiment me pousse à ne pas les compter pour quotité négligeable ; mais j'ai préféré avouer cette lacune et ne pas lancer les chercheurs sur de fausses pistes. Il manque trop d'archives dans la province de Liège et si peu de publications ont vu le jour à ce sujet que je ne suis pas capable de donner une bibliographie convenable et que je préfère ne pas aborder la question dans ce travail.

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