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Les Cisterciens en Namurois XIIIe - XXe siècle
Broché / 296 pages / édition de 1998
langue(s) : français
dimensions : 296 (h) x 210 (l) x 26 (ép) mm
poids : 1350 grammes
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Cannée 1998 marque le neuf centième anniversaire de la fondation à Cîteaux d'un monastère axé sur la stricte observance de la règle de saint Benoît; elle marque aussi le centenaire de la restauration de cette abbaye supprimée à la Révolution. Ce double anniversaire donne lieu à de multiples commémorations non seulement dans toute l'Europe mais aussi dans le monde entier, là où les cisterciens de 1998 sont implantés. Notre pays n'est pas demeuré en reste; des expositions sont organisées notamment dans les ruines de l'abbaye de Villers-Ia Ville, à l'abbaye d'Orval et, last but not least, dans notre Musée des Arts anciens du Namurois.

Nous avons voulu retracer la présence cistercienne dans notre région depuis le XIIIe siècle jusqu'à nos jours. Le cadre géographique retenu couvre l'ancien comté de Namur, ce qui permet d'évoquer l'abbaye de Soleilmont à Gilly aujourd'hui dans le Hainaut et celle de Solières à Ben-Ahin dans l'actuelle province de Liège; il englobe aussi la province de Namur où se place l'abbaye de Saint-Remy à Rochefort qui faisait jadis partie de la principauté de Liège.

Cîteaux a rapidement essaimé dans toutes les directions de l'espace européen, à cause de la personnalité de saint Bernard, son adepte, cet « homme de feu » comme le qualifiait Léopold Genicot. Les plus anciennes fondations de l'Ordre dans notre pays sont l'abbaye d'Orval établie en 1132 grâce à la générosité du comte de Chiny, Albert Ier, celle des Dunes à Coxyde en 1138, celle de Villers à Villers-Ia Ville, aux confins du Namurois et du Brabant en 1146 où saint Bernard est passé l'année suivante et qui a bénéficié en 1231 d'un domaine à Bois de Villers en échange de ses biens à Grandpré, en Namurois où s'est fondée une abbaye-fille de Villers (1231). Au début du XIIIe siècle l'Ordre s'ouvre officiellement aux femmes quand le Chapitre général accepte d'y incorporer des communautés féminines qui se soumettent à sa règle. Mais avec le temps les cisterciens se sont départis de leur esprit originel de pauvreté et de pénitence, suscitant à leur tour des retours à la stricte observance dont le plus spectaculaire est celui des trappistes sous l'impulsion de l'abbé de Rancé à la fin du XVIIe siècle.

Le Namurois voit fleurir les implantations cisterciennes depuis le XIIe siècle. Ce sont essentiellement des monastères féminins, comme les abbayes d'Argenton à Lonzée, de Solières à Ben-Ahin, de Soleimont à Gilly, de Notre-Dame du Vivier à Marche-Ies-Dames, du Val Saint-Georges à Salzinnes, du Jardinet à Walcourt, de Boneffe, de Moulins, de Saint-Remy à Rochefort. II n'y a d'abord qu'une seule abbaye d'hommes, celle de Grandpré, mais une réforme intervient au début du XVe siècle suite à des circonstances évoquées ci-après, et des moines viennent remplacer les moniales à Moulins, au Jardinet, à Boneffe, à Saint-Remy de Rochefort.

Le fondement même de la Règle de saint Benoît, « ora et labora », domine toute la vie monastique; les moines s'établissent dans des endroits favorables à une vie vouée à la prière et au travail tant manuel qu'intellectuel. Ils bénéficient de la protection des grands qui les comblent de faveurs, leur concèdent des domaines, ce qui va, au fil du temps, faire coexister la pauvreté personnelle des religieux et le caractère frustre de leur quotidien avec la richesse croissante de leur abbaye devenue une réelle puissance économique axée sur la culture du sol, la principale source de fortune sous l'ancien régime, sur le commerce et plus tard sur l'industrie. Très tôt la communauté cistercienne se partage entre les « religieux du chœur», très souvent issus de la noblesse et de la classe dominante, dont la vie se répartit entre les offices et l'étude, et les « frères convers » provenant souvent de milieux modestes, chargés des travaux des champs, des besognes matérielles et de la gestion du domaine.
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