Aucun grand musée n'a jamais réussi à exposer de manière permanente toutes les œuvres qui lui appartiennent. Ce que le visiteur peut voir se limite en général à une toute petite partie de la collection. Les caves ou les greniers qui recèleraient d'innombrables œuvres d'art ont toujours eu, souvent à juste titre, une mauvaise réputation. Le public pense que dans ces lieux invisibles sont littéralement enterrées des œuvres sans valeur artistique et, de plus, dans de mauvaises conditions. Il se demande pourquoi il faut conserver ces pièces "de moindre qualité", et finalement pourquoi on les a achetées.
Les amateurs d'art peuvent être rassurés: les réserves de musées répondent, dans la plupart des cas, aux élémentaires normes modernes de sécurité et de conservation, et les œuvres s'y trouvent en général dans les mêmes constantes de température et d'hygrométrie que dans les salles publiques.
D'un chiffre total d'environ vingt mille pièces inventoriées - peintures, dessins, sculptures, objets d'art, affiches - les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique exposent à peine un dixième dans leurs salles. Il faut ajouter que la moitié de la collection consiste en dessins qui, on le sait, ne sont que rarement présentés pour des raisons de conservation.
Déjà avant la fondation du Musée, lorsque La Serna Santander et Bosschaert constituèrent à l'Ancienne Cour, autrefois Palais de Charles de Lorraine, une première galerie avec les œuvres délaissées par les commissaires français, une sélection d'une centaine de tableaux et quelques sculptures fut opérée sur un chiffre de deux mille œuvres environ. Le premier catalogue, de 1803, suite à la création officielle du Musée par Bonaparte en septembre 1801, contenait deux cent cinquante et un numéros, dont la moitié seulement put être exposée au moment de l'ouverture de la galerie en 1803.

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