Le dramatique sauvetage aux Grandes Jorasses, en février dernier, a mis une fois de plus en évidence le courage et l'audace des hommes de la montagne. Mais on s'est demandé aussi, une fois de plus, ce qui poussait un René Desmaison, un Serge Gousseault et tant d'autres, à affronter, même en plein hiver, ces immenses murailles de granit et à prendre tous les risques pour ouvrir des voies "direttissimes".
Parce qu'il est venu relativement tard à la montagne, René Desmaison est peut-être mieux placé que tout autre pour nous expliquer cette passion qui s'empare d'un homme et le conduit à rechercher des difficultés toujours plus grandes, comme pour mériter davantage le sommet à atteindre.
Une telle passion se passe de grandes phrases. Il suffit de la vivre et, pour cela, d'écouter Desmaison nous raconter sans mots inutiles — comme un homme d'action qu'il est avant tout — quelques-unes de ses escalades (l'éperon Margarita, la Walker, la face ouest des Drus, l'aiguille noire de Peu-terey, la Cima Ovest, etc.) qui ont fait de lui un des plus grands alpinistes actuels, aussi bien par sa résistance à toute épreuve que par la perfection de sa technique.
Mais "La Montagne à mains nues" va bien au delà du récit de quelques exploits. Ce livre est, en effet, un hommage rendu à l'Alpinisme et à ceux qui l'ont illustré : un Terray, un Couzy, un Mazeaud, un Batkin, un Bonatti, qui sont ou qui furent les compagnons, les amis ou les maîtres de René Desmaison. Il est aussi une glorification de cette montagne, pourtant cruelle, qui règne à tout jamais sur le cœur de celui qui s'est mesuré avec elle. Comment en effet l'oublier, nous dit Desmaison, quand, accroché à elle, " vous avez senti que votre vie ne dépendait plus que de vos deux mains, deux mains nues, crispées désespérément sur le granit" ?

rechercher des articles similaires par catégorie
rechercher des articles similaires par thème: