Le Tour de Lombardie est le fruit de l'heureuse intuition de "La Gazzetta dello Sport" qui, pour mettre fin aux éternelles disputes entre les partisans des différents champions qui à la fin de chaque année se bagarraient pour élire le meilleur, pensa organiser une épreuve, la dernière du calendrier, qui fasse office de jugement sans appel. C'est ainsi que la première édition fut annoncée pour le 12 novembre 1905. Elle suscita de l'enthousiasme, mais les premières années ne furent pas marquantes. C'est seulement en 1907 quand les champions transalpins se présentèrent au départ et honorèrent la course de leur participation (Garrigou en fut le digne vainqueur) que le Tour de Lombardie décolla et s'affirma.
Après un siècle d'existence il peut maintenant être considéré, comme peu d'autres courses, avec mérite et de plein droit, parmi les «monuments» les plus représentatifs du cyclisme : c'est certainement une classique.
Son parcours est classique.
Si les "capo" représentent Milan-San Remo, les "pavés" Paris - Roubaix, les "murs" le Tour des Flandres et les "côtes" Liège - Bastogne - Liège, ce sont les montagnes des pré-Alpes de la Lombardie, avec leur brume, l'air piquant et humide et les feuilles mortes de l'automne les signes distinctifs qui rendent unique et incomparable cette course. Ce sont ces côtes qui, à la fin de la saison, forcent à dépenser les dernières énergies parce qu'au Tour de Lombardie même un petit col devient une grande montée alpine. Il y a le rendez vous avec les lacets raides du Ghisallo qui après un premier passage en 1919 n'a plus été abandonné et aujourd'hui avec son sanctuaire et son proche Musée du Cyclisme est devenu le point de référence pour des milliers de passionnés. Son palmarès est classique.
Parmi les vainqueurs, dix-sept Champions du Monde et deux Champions Olympiques. Mais aussi des vainqueurs du Giro d'Italia et du Tour de France comme Garrigou, Faber, H. Pélissier, Thys, Bartali, Girardengo, Motta. C'est la course qui à elle seule enrichit le palmarès de tout coureur.
Ses émotions sont classiques.
Il n'est pas possible d'oublier les échappées légendaires de Binda, Coppi et Merckx ou les sprints frénétiques de Bobet, Darrigade et Van Looy dans le mythique Vigorelli ou du jeune Gimondi et de De Vlaeminck sur la piste de Côme. Les images des pleurs de Coppi pour la victoire manquée en 1956 sont indélébiles, tout comme les larmes de Bettini au souvenir du frère à peine disparu.
Le Tour de Lombardie est enfin la course que tous voudraient remporter car elle te fait vivre sa gloire pendant tout l'hiver, elle te rend invaincu pendant des mois, elle imprime dans la mémoire de tous le moment de ta victoire.
Re-parcourir avec ce livre ses routes, rappeler ses acteurs, les moments dramatiques et ceux de joie est un hommage qui ne se fait pas seulement au Tour de Lombardie mais à tout le cyclisme, c'est la meilleure façon pour transmettre aux jeunes l' aspect épique de ce sport qui, malgré les difficultés ne donne pas de signe de fléchissement.

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