De 1942 à 1944, les nazis ont utilisé la caserne Dossin, construite au XVIIIe siècle à Malines, comme camp de transit pour la déportation vers Auschwitz-Birkenau. Plus de 25.500 Juifs et 352 Tziganes de Belgique et du Nord de la France y ont été conduits en 28 transports. Seuls 5% d'entre eux sont revenus vivants en 1945.
Un demi-siècle plus tard, en 1995, un Musée juif de la Déportation et de la Résistance a été ouvert dans l'avant-corps de l'ancienne caserne, à l'initiative de la communauté juive et avec le soutien du Gouvernement flamand. L'objectif était de garder vivant le souvenir de ces pages sombres de notre histoire. Des milliers d'écoliers ont visité le musée depuis son inauguration. Il est peu à peu devenu trop exigu et son contenu demandait à être élargi et actualisé. De nouvelles conceptions sur l'évolution de la société avant et pendant la Seconde Guerre mondiale se sont imposées et des développements sociétaux internes et externes ont amené à situer dans le contexte historique du site Dossin une réflexion sur des phénomènes contemporains tels que le racisme, la discrimination et l'exclusion en raison de l'origine, des convictions religieuses et politiques, de la couleur de la peau, du genre ou de l'orientation sexuelle.
Feu le Chevalier Natan Ramet, un des survivants de la Shoah, président du Musée juif de la Déportation et de la Résistance et président d'honneur de l'asbl Kazerne Dossin, croyait fermement en cet objectif élargi, concrétisé dans un nouveau musée et mémorial. Malheureusement, il n'a pas pu en vivre l'inauguration. Son témoignage, nourri de son expérience personnelle des horreurs de la persécution des Juifs et de sa conviction profonde dans les vertus de la tolérance, du respect, du sens civique et du sens des responsabilités, était un atout majeur pour ce projet.
Le concept «Kazerne Dossin - Mémorial, Musée et Centre de Documentation sur l'Holocauste et les Droits de l'Homme» est le fruit d'une concertation scientifique longue et intense. Le choix de ce bâtiment muséal hors du commun résulte d'un appel d'offres et d'une sélection par l'équipe de la Communauté flamande en tant que maître d'oeuvre. L'architecte Bob Van Reeth a fait le choix convaincant d'une nouvelle construction, balise monumentale sur ce site au lourd passé historique. Commissaire du musée, Herman Van Goethem s'est vu confier la tâche d'établir le lien entre la signification historique de la caserne Dossin dans le cadre de la déportation et de la Shoah et la problématique plus générale des droits de l'homme, Des excès comme la discrimination, l'exclusion et la violence de masse, avec le génocide comme forme la plus extrême, sont ainsi portés à l'attention des visiteurs,
Le Gouvernement flamand a non seulement accordé un soutien financier à la mise sur pied de ce projet, mais a également décidé de soutenir son fonctionnement quotidien et de le confier à l'asbl Kazerne Dossin. Des représentants de la communauté juive et des autorités flamandes, provinciales et communales en constituent le conseil d'administration, Kazerne Dossin est un maillon important dans le cadre de la «Task Force for International Coopération on Holocaust Education, Remembrance, and Research». L'inauguration de ce nouveau mémorial, musée et centre de documentation en 2012, au moment même où la Belgique assume la présidence de cette organisation internationale, montre l'intérêt majeur porté par la Flandre à l'éducation par le souvenir.
Ce catalogue veut aider le visiteur de Kazerne Dossin à se souvenir et à approfondir sa réflexion sur les thèmes présentés de manière permanente dans le musée.

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