Ville de quatre mille habitants, à la fin du dix-huitième siècle, Binche en comptera près de trois fois plus en 1914. Les chiffres sont éloquents. Ils témoignent d'une cité en pleine expansion. Celle-ci a bénéficié de la révolution industrielle du dix-neuvième siècle et de l'incroyable prospérité économique apportée à la région.
Si cet afflux de sève a redonné vigueur à la vieille cité de Marie de Hongrie, ce fut toutefois sans attenter trop violemment au visage de la ville, à ses monuments, à l'originalité de ses sites. Au contraire, le travail des industriels, artisans et ouvriers binchois, cordonniers, tanneurs, tailleurs, verriers, les foires aux chevaux célèbres le commerce florissant qui attirait les chalands d'une large région, la création en 1857 de la ligne de chemin de fer du Centre et de la multiplication ultérieure des moyens de communication, constitueront, entre autres, des facteurs d'enrichissement.
Ils vont permettre aux administrateurs communaux de sauvegarder l'originalité locale. Cette époque verra s'éveiller les premières préoccupations de protection de l'enceinte fortifiée du moyen-âge. On lui devra la restauration de notre hôtel de ville, de la chapelle St-André, de la chapelle Sainte-Anne, de la collégiale St-Ursmer. C'est pendant la guerre de 1914-1918 que des chômeurs, pour éviter la déportation en Allemagne, seront affectés aux fouilles du parc communal qui révéleront les grandes lignes du plan du palais de Marie de Hongrie. Ces mesures ont contribué à donner à nos concitoyens la fierté de leur cité, la curiosité de son histoire. Et tout naturellement, en 1921, se créa la société d'archéologie de Binche dont la fondation se justifiait en partie par le musée communal qui venait de naître et par ce courant de sympathie pour les choses du passé. C'est vers cette époque, qui commence à la fin du dix-neuvième siècle, que s'élèvent des monuments néo-gothiques ou des maisons bourgeoises dont le style romantique prétendait rester fidèle au génie local. Cette époque, c'est aussi celle de la venue à maturité de notre carnaval qui gagne encore en ampleur, en richesse sans faillir à sa tradition.

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