Les manuels scolaires présentent toujours la vie industrielle comme une prestigieuse conquête du génie humain qui ne peut inspirer que de la fierté. On ne se pose pas la question : «A quel prix?». Ce livre est une histoire de sueurs, de larmes et de sang. Il prétend répondre à la question. La citation de Michel de Certeau montre bien que je revendique le droit à la subjectivité. Ceci est d'abord une œuvre militante. Elle est destinée en premier lieu à un public qui me tient à cœur : les travailleurs. Ils ont fait l'histoire, mais l'histoire ne s'occupe d'eux que depuis peu de temps. Dans les combats d'aujourd'hui se manifeste, dans les idées et dans l'action, une continuité étonnante avec le passé. J'ai voulu qu'ils s'en rendent compte et qu'ils puisent des lumières et surtout une volonté de poursuivre leur tâche émancipatrice.
J'espère aussi que les enseignants trouveront ici un arsenal de références concrètes d'autant plus éclairantes qu'elles sont puisées dans l'histoire locale.
Je terminerai en faisant mienne cette réflexion de Pascal : «Certains auteurs, parlant de leurs ouvrages, disent «Mon livre, mon commentaire, mon histoire, etc.. ». Ils sentent leurs bourgeois qui ont pignon sur rue et toujours un «chez moi» à la bouche. Ils feraient mieux de dire : «Notre livre, notre commentaire, notre histoire, etc», vu que d'ordinaire il y a plus en cela du bien d'autrui que du leur» (Pensées de Pascal - Paris 1964 - p. 83).

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