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La Deuxième Guerre mondiale: L'Offensive du Pacifique
Cartonné / 208 pages / édition de 1980
langue(s) : français
éditeur : Time-Life
dimensions : 290 (h) x 238 (l) x 20 (ép) mm
poids : 1065 grammes
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Les Européens ne connaissaient à l'époque que peu de chose de l'effort de guerre américain dans le Pacifique. Ils le connaissent toujours mal. Ils étaient plus conscients, avec leurs villes bombardées et leurs campagnes ravagées, des grandes batailles qui les avaient libérés — la course des armées à travers le désert africain ou les plaines russes, le «large front» d'Eisenhower balayant le terrain de la Normandie à l'Allemagne, les forteresses montagneuses du Mont Cassin en Italie. Sur mer, la bataille de l'Atlantique et les convois russes signifiaient bien plus pour eux que les gigantesques engagements navals dans le lointain Pacifique.

En outre, les combats d'Europe étaient à l'échelle de l'Apocalypse. A Koursk, par exemple, dans la Russie méridionale, deux millions de soldats soviétiques et allemands, et plus de 6000 chars se heurtèrent en 1943 au cours de ce qui est encore la plus grande bataille de blindés de l'histoire. L'engagement américain lui-même fut gigantesque en Europe: le 12e corps d'armée de Bradley se composait à lui seul de 29 divisions, et dans la seule bataille de la forêt de Hurtgen près des Ardennes, fin 1944, la 1re armée du général Hodges perdit 24000 hommes. En comparaison, le coût de la bataille de Tarawa, qui choqua l'opinion américaine, ne s'éleva pas à plus de 1056 morts et 2 292 blessés. Dans les îles Marshall, le tribut ne fut que de 594 hommes.

Comme le démontre ce livre écrit par des Américains, la campagne, destinée à éliminer les Japonais de leurs îles fortifiées, nécessitait une forme de guerre entièrement différente. La bataille était conduite par des hommes isolés, ou, au mieux, par de petits groupes. Dans les marécages ou sur le corail des têtes de pont, dans le ciel aussi, ils devaient s'en remettre à leurs propres décisions, sous leur propre responsabilité, et souvent avec la sanction de leur destin.

Mais ces différences portaient autant sur la forme que prenait le patriotisme que sur la nature de la stratégie. Alors que les Européens restaient concentrés sur les combats de Dunkerque, El Alamein ou Stalingrad, les gens en Amérique se sentaient surtout préoccupés par les îles Gilbert, Marshall ou Mariannes. La nation américaine avait été humiliée par Pearl Harbor, et le désir bien naturel des Etats-Unis était de repousser le plus vite possible ceux que le «Chicago Tribune» appelait «l'ennemi principal et le plus proche».

Beaucoup d'Américains pensaient aussi que ce qui se
passait en Asie était d'une beaucoup plus grande importance que les événements d'Europe. La célèbre romancière Pearl Buck, qui était l'avocat principal de l'aide à la Chine, déclarait au début de 1942, que «l'enjeu américain est d'une bien plus grande importance en Extrême-Orient qu'en Europe. Si "l'American way of life" doit prévaloir dans le monde, c'est en Asie d'abord, qu'il existe en Europe ou non. En Europe, notre influence a toujours été faible. En Asie, c'est depuis longtemps le courant principal. Jusqu'à présent, nous disposons d'un leadership idéologique, et le Japon le sait bien.»

Que les Etats-Unis se consacrent à la défaite du Japon, plutôt qu'à celle de l'Allemagne, devint une thèse défendue avec enthousiasme par des personnalités aussi influentes que l'amiral King, chef des opérations navales U.S., et le général MacArthur, commandant en chef charismatique et controversé du Pacifique Sud-Ouest. MacArthur ne faisait pas mystère de ses opinions. «L'avenir de l'Amérique — son existence même — s'interpénétre d'une manière intime et définitive avec l'Asie et avec ses avant-postes insulaires. »

II n'est pas étonnant de constater que ces points de vue n'étaient pas très populaires parmi les alliés occidentaux, qui craignaient qu'une politique privilégiant le Pacifique ne conduise à une prolongation de la guerre contre les Allemands. Le général Sir Alan Brooke, chef d'état-major général de l'Empire britannique, écrivait dans son journal pendant la conférence de Washington de mai 1943: «Tout cela est exaspérant, car il n'est pas difficile de voir que, à moins que des efforts concertés ne soient dirigés vers la défaite de l'Allemagne et le contrôle de la poussée japonaise, la guerre pourra se poursuivre indéfiniment.»

En principe, le président Roosevelt et le général Marshall, chef d'état-major de l'armée américaine, restèrent attachés à la politique convenue des Alliés, orientée principalement contre l'Allemagne. En pratique, les États-Unis commencèrent à consacrer une part croissante de leurs ressources à la guerre du Pacifique. Une année après Pearl Harbor, l'armée du Pacifique était à peu près équivalente à celle basée au Royaume-Uni et en Afrique du Nord: 346000 hommes contre 347000. Et ce nombre dépassait d'environ 150000 celui prévu à la fin de 1942, quand commença l'opération Boléro, transport des troupes américaines à travers l'Atlantique. A la fin de l'année suivante, le total des forces déployées contre le Japon dépassait de 50000 hommes le total des effectifs engagés contre l'Allemagne.
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