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La Deuxième Guerre mondiale: La Campagne de Birmanie
par Don Moser
Cartonné / 208 pages / édition de 1980
langue(s) : français
éditeur : Time-Life
dimensions : 290 (h) x 238 (l) x 20 (ép) mm
poids : 1085 grammes
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La guerre en Inde-Chine-Birmanie se déroulait dans une région que le public se représentait mal. Les troupes anglaises et américaines s'y battaient, mais en Europe comme aux États-Unis on avait peine à concevoir l'échelle du théâtre d'opérations, les problèmes suscités par le climat, la maladie, la montagne et la jungle, et l'on ne saisissait pas bien l'enjeu du conflit. D'ailleurs, les dirigeants des deux nations cobelli-gérantes, U.S.A. et Grande-Bretagne poursuivaient des objectifs très différents. Churchill et Roosevelt faisaient figure de seigneurs de la guerre et disposaient d'un pouvoir qu'une démocratie n'eût pas admis en temps de paix. Chacun nourrissait sa propre illusion. Roosevelt s'imaginait que Chiang Kai-shek chasserait les Japonais de Chine et ferait de ce pays une deuxième Amérique, une démocratie libérale. De son côté, Churchill se figurait que, la guerre finie, la Grande-Bretagne resterait maîtresse de l'Inde. Or, sur ce point, malgré l'admiration et la vénération dont il était l'objet en tant que chef de guerre, Churchill n'incarnait pas la nation britannique. En revanche, une bonne partie des Américains partageaient l'illusion de Roosevelt.

Conçu pour le public américain, cet ouvrage vivant et coloré met l'accent sur les objectifs des États-Unis, dont l'une des préoccupations majeures était de ravitailler la capitale chinoise, Tch'ong-k'ing. Les Britanniques attachaient moins d'importance à ce problème, car ils jugeaient l'armée de Chiang incapable de contribuer à la défaite du Japon.

Il est aussi fort naturel qu'un livre écrit à l'intention des lecteurs américains mette en relief l'action de leur compatriote, le rude et franc général Joseph Stilwell («Vinegar Joe»), qui s'efforça de doter la Chine d'une armée moderne, et que l'auteur insiste sur le rôle du général Frank Merrill, le commandant de la seule unité américaine engagée dans les combats terrestres. Don Moser consacre de longs développements à l'offensive américaine sur Myitkyina, au cours de laquelle la brigade de Merrill et deux brigades chinoises (qualifiées de divisions mais équivalant à de simples brigades) affrontèrent une division japonaise à égalité d'effectifs, soit 10000 hommes de part et d'autre. Il accorde une moindre place à la bataille plus importante d'Imphal-Kohima, où une armée anglo-indienne de quatre-vingt mille hommes se mesura à une armée japonaise sensiblement égale, et qui se solda par la défaite la plus retentissante que le Japon ait essuyée sur terre au cours de toute son histoire.

Par leur combativité, les troupes indiennes jouèrent un rôle décisif dans cette bataille. Elles constituaient les trois quarts des effectifs des forces britanniques et se composaient exclusivement de volontaires. Vingt d'entre eux obtinrent la Victoria Cross, fait remarquable si l'on se rappelle que trente-sept croix seulement furent décernées pendant la campagne de Birmanie. Aussi aurais-je aimé trouver, page 151, quelques exemples de leurs faits d'armes à côté de ceux de leurs camarades anglais.
Cela dit, l'auteur donne un excellent aperçu des problèmes d'organisation qu'impliquait le ravitaillement d'une armée moderne en Haute-Birmanie par la ligne Bengale-Assam, une voie ferrée construite pour le transport pacifique du thé.

Les Anglais eurent le tort de ne pas avoir prévu une guerre de cette envergure et de négliger de tracer des voies stratégiques en direction du nord-est. Quoi qu'il en soit, en 1942 la sagesse commandait de prendre le temps de se préparer avant de contre-attaquer en Birmanie. En tout premier lieu, il fallait construire 200 terrains d'aviation. La période entre le printemps de 1942 et l'automne de 1943, que Don Moser présente à juste titre comme la plus sombre de la guerre, correspond aux 18 mois durant lesquels je fus associé à l'élaboration de la stratégie, d'abord comme secrétaire du comité des chefs d'état-major en Inde, puis à l'état-major interallié pour l'Asie du Sud-Est, sous l'autorité de Mountbatten.
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