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La Deuxième Guerre mondiale: La Résistance
Cartonné / 208 pages / édition de 1981
langue(s) : français
éditeur : Time-Life
dimensions : 290 (h) x 238 (l) x 20 (ép) mm
poids : 1080 grammes
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Au printemps 1945, le général Eisenhower, le commandant en chef des forces alliées, rendit hommage aux hommes et aux femmes de la guerre de l'ombre en Europe. «Je pense que la désorganisation des communications ferroviaires ennemies, le harcèlement des mouvements routiers allemands, la tension constante infligée à l'économie de guerre et aux services de sécurité de l'Allemagne à travers toute l'Europe occupée par les forces organisées de la Résistance ont joué un rôle considérable dans la victoire.»

Tous ceux qui apprirent ce bilan américain ne purent douter que cet hommage fût parfaitement mérité. Pendant plus de quatre années, les résistants avaient fait preuve d'un courage et d'une détermination inébranlables. Mais une Résistance digne de ce nom exigeait des armes, de l'argent, un encadrement, et c'est à cette tâche que les agents du S.O.E. (Spécial Opérations Executive), l'organisation anglaise de la guerre subversive, s'étaient consacrés.

L'un de ces agents, Noor Inayat Khan (Madeleine dans la clandestinité), était mon amie. Sa photo figure page 183. Nous nous rencontrâmes lors de son dernier passage à Londres en juin 1943. Par la suite, sa famille et moi, devions ignorer ce qu'elle était devenue, jusqu'à ce qu'une citation à titre posthume associée à la George Cross, la plus haute distinction britannique du courage civil, révélât qu'elle avait été exécutée à Dachau après avoir servi comme opérateur radio dans un réseau de la Résistance française.

Jusque-là, je n'avais jamais entendu parler du S.O.E., mais, je voulais connaître l'histoire de Madeleine. J'entrepris donc d'étudier l'organisation pour laquelle elle avait travaillé.

Quelle fut l'efficacité du S.O.E.? En Norvège ses agents étaient envoyés sur des objectifs précis, avant de revenir rapidement en Angleterre, ce qui ne leur laissait pas le temps de tomber entre les mains d'agents doubles, ni de subir le terrible Funkspiel, ou jeu de radio, en vertu duquel les opérateurs capturés se voyaient forcés de diffuser à Londres de fausses informations sous la direction des Allemands.

Le pire se produisit en Hollande. L'arrestation, en mars 1942, d'un opérateur permit aux Allemands de diriger le réseau S.O.E. du pays, pendant plus d'un an. Pour n'avoir pas noté l'absence des clés de sécurité, qui aurait dû les avertir que les messages émanaient de l'ennemi, les chefs de Londres poursuivirent leur activité comme si les liaisons restaient intactes.

Les envois de matériel et d'agents tombèrent ainsi directement entre les mains des Allemands. Avant que ce petit jeu ne s'achève, les Allemands avaient intercepté 200 parachutages, capturé 52 agents, dont 46 furent exécutés, et procédé à 350 arrestations supplémentaires. Le désastre ne se limita pas à la Hollande. Grâce aux renseignements involontairement divulgués par Londres, les Allemands pénétrèrent d'autres groupes de résistance importants en Belgique et en France, y compris ce réseau de Paris où mon amie avait été envoyée.

Créé en octobre 1942, par le major Francis Suttill, mieux connu sous son pseudonyme, «Prosper», ce réseau était devenu au printemps 1943 l'un des plus importants et des plus efficaces du S.O.E. en Europe occidentale. Il ne fallut aux Allemands que quelques semaines pour détruire le travail de huit mois. Prosper fut arrêté le 24 juin. Il fut ensuite pendu au camp de Sachsenhausen, et plus de 1500 autres arrestations intervinrent pendant l'été. Ce fut, à en croire mes recherches, le plus grand désastre subi par le S.O.E.

La section française fut également victime à partir du début de juin 1943 d'une série d'habiles Funkspiel qui se poursuivirent pendant 12 mois. Cette manœuvre aboutit à l'arrestation de 18 agents et suscita les doutes les plus sérieux sur la compétence des chefs du S.O.E.

Un des aspects les plus troublants de l'affaire concerne l'adjoint de Prosper et son opérateur radio. Le major Gilbert Norman «Archambaud» fut arrêté une heure avant son chef. A la satisfaction des Allemands, Norman leur révéla son code et sa clé de sécurité. Aussi, le 29 juin, adressèrent-ils un message à Londres. Toutefois, Norman possédait une seconde clé de sécurité dont l'absence ne pouvait signifier qu'une chose: son arrestation. Il fut effondré quand les Allemands lui communiquèrent la réponse de Londres: «Vous avez oublié votre double clé de sécurité; soyez plus vigilant.»
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