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Liège en cartes postales anciennes
Broché / 156 pages / édition de 1980
langue(s) : français
ISBN : 9028808647
EAN : 9789028808645
dimensions : 145 (h) x 203 (l) x 13 (ép) mm
poids : 295 grammes
DISPONIBLE
bon état
15,95 EUR
référence : 1013347
Tous les prix incluent la TVA
S'il vous arrivait de voyager en Suède, vous apprendriez qu'il survit là-bas un souvenir assez insolite. Il y a environ trois siècles, quelque mille à quinze cents artisans débarquaient dans ce pays, chassés de leur patrie par les querelles religieuses, sans espoir de retour. Ces hommes étaient liégeois. Ils apportaient les connaissances les plus avancées en technologie du fer et des armes, à un point tel qu'on appela "forgeage wallon", dorénavant, ce qui d'un coup avait périmé les vieilles techniques importées d'Allemagne! Aujourd'hui, on a compté que pas moins de 80.000 Suédois pourraient revendiquer la qualité à l'ascendance wallonne, et ce sont les Anjou, de Geer, Hubinette, de Besche et autres Bovy qu'on retrouve, parfois sous des orthographes altérées, dans le gratin suédois!

Qui dit Liège, dit armes. Ainsi, en 1897, on dénombrait 180 magasins d'armuriers, alimentés par 40.000 artisans indépendants. On sait que la Fabrique Nationale d'Armes de Guerre à Herstal, fondée en 1891, a progressivement regroupé ce qu'on pourrait presque appeler une "richesse naturelle" liégeoise. Richesse naturelle, au même titre que la houille, dont le mot même serait d'origine wallonne, et dont la plus antique utilisation en Europe se serait, paraît-il, opérée à Liège. Cette houille prodigieuse, qui affleurait pratiquement à même le sol à Saint-Martin, au Péry, en Pierreuse, et dont les millénaires constructions de Notger s'étaient bâties de son sombre grès. Tôt vinrent les mines, ces pierres d'achoppement des prospérités anciennes, brusquement devenues, dans ce siècle fossoyeur de toutes les traditions, le frein à l'expansion d'une Wallonie frustrée. Où est-il, le temps des mineurs liégeois, si ingénieux et habiles Qu'on les recherchait oour construire des galeries capables d'assécher les fossés entourant les châteaux-forts que les grands capitaines décidaient d'investir? Le charbon et les armes ont fait Liège.

Mais on ne peut assurément se contenter de ces confortables slogans si l'on désire approcher davantage les lignes de force et de vie de la Cité Ardente. La cité qui réussit à transformer le marécageux delta mosan en une généreuse et superbe avenue d'eau, la "cité verte en pays noir", la cité qui, à travers massacres, incendies, sièges et bombardements toujours d'elle-même se reconstitue, la cité qui toujours sut conquérir et durement défendre ses libertés, Liège et les Liégeois, qu'est-ce en fait? Alphonse Le Roy répond: "C'est en somme une population à part, très patriote, très belge, mais ne se souciant guère d'imiter les façons des autres: Liège n'est plus le centre d'une principauté, mais, par la franchise et l'indépendance de ses allures, Liège est encore une petite capitale"(1880). "Les têtes sont vives, mais les coeurs sont chauds et ouverts". Le Liégeois est certes frondeur, sceptique, à l'occasion orgueilleux, voire belliqueux, il est d'"une population avide de liberté et de puissance". Selon Baedeker-1897: "Les citoyens de Liège sont gens industrieux, ingénieux, de grand esprit et prompts à entreprendre toute chose. Leur ardeur se communique même aux femmes, qui partagent avec eux les plus rudes labeurs..."

Un vieux dicton ne prétend-il pas que "Liège est l'enfer des femmes, le purgatoire des hommes, le paradis des prêtres"! Si, eu égard au nombre d'églises liégeoises, la troisième circonstance n'est pas douteuse, les premières remontent à ce temps de très dur gagne-pain féminin, sans que la tutelle sur les maris en fût pour autant relâchée...
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