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Témoignages sur la grève générale révolutionnaire de 1932
Broché / 126 pages / édition de 1989
langue(s) : français
dimensions : 240 (h) x 200 (l) x 10 (ép) mm
poids : 370 grammes
DISPONIBLE
très bon état
12,95 EUR
référence : 1013681
Tous les prix incluent la TVA
Paul Delaby, père du président actuel de la F.G.T.B. du Centre, est un ouvrier né à Haine-St-Paul le 30/12/1908. Il travaille au charbonnage de Houssu non comme mineur, mais en qualité de tourneur à l’atelier des réparations. Le 6 juillet 1932, des mineurs « borains » en grève, ceux de Bray et du Levant de Mons sont annoncés. En effet, par groupes bruyants, ils pénètrent délibérément dans la cour du puits de Houssu et disent au machiniste de « remonter les hommes » car c’est la grève. Aucune opposition ne se manifeste et, bientôt, les molettes s’immobilisent.

Paul Delaby raconte : « Le lendemain, nous sommes allés à plusieurs militants socialistes (René Decraye, Noël Vitriol, etc...) vers les usines proches pour faire cesser le travail. Nous n’avions pas de mot d’ordre syndical. On s’est finalement retrouvé en grand nombre à la Maison du Peuple de Jolimont où Casterman, le secrétaire permanent, a eu fort à faire devant la détermination des grévistes. Il faut dire que le militant trotskyste du quartier de la Verrerie, Vassili Mayence, l’a confondu à plusieurs reprises.

Bientôt, les gendarmes à cheval sont arrivés et ils sont même entrés dans le local ouvrier où s’étaient rassemblés un millier de grévistes. Heureusement, on ne déplora pas d’incidents mais une décision est tombée immédiatement (l’intrusion intempestive des gendarmes y fut sans doute pour quelque chose...) : l’organisation de piquets de grève. Quelle grève ce fut ! Je n’oublierai jamais les charges de la gendarmerie à cheval (quel métier !) à La Louvière, en face de l’usine Kéramis. On disait qu’un gréviste était en possession d’un revolver mais cela je ne l’ai pas constaté. Ici à Haine-St-Paul (fonds) je me souviens aussi qu’un groupe de gendarmes arriva au trot sur la place Caffet pour disperser sans ménagement des grévistes qui... jouaient à la balle pelote ! Il faut le faire ! »

Les mineurs de Bray ont, en fait, arrêté le travail par solidarité avec leurs camarades borains qui furent les premiers à débrayer. Un journal de Mons écrit : « Hier les 550 ouvriers du charbonnage du Levant-de-Mons à Estinnes-au-Val ne se sont pas présentés à leur travail ». Au passage, remarquons qu’il ne s’agit pas de borains mais le journaliste connaît mal les limites du Centre. Déjà à La Louvière, la Centrale des mineurs réunit ses affiliés et le troisième point de la résolution est à retenir : « se préparer, en respectant les décisions de l’organisation syndicale, à des actions de solidarité en faveur des mineurs borains ».

Cette première position, jugée de repli par une partie des grévistes n’est pas suivie d’effet. Au contraire, dès le lendemain 7 juillet, tous les puits s’arrêteront en notre région : la Garenne (Maurage), St-Julien et St-Alphonse (Bracquegnies), St-Henri (Bray et Bois-du-Luc), Marie-José (La Louvière-St-Vaast), Houssu (Péronnes et Ressaix) et même Mariemont.

En quelques heures, la grève est devenue générale dans le Centre charbonnier en particulier, mais elle gagnera peu à peu tous les secteurs car les grandes et moyennes entreprises métallurgiques se joignent au mouvement. Devant les usines Hiard, 500 grévistes sont en effervescence, au point d’aller bientôt débaucher plus de 1.000 ouvriers à Goldschmid (F.U.F.). Le soir, deux mille [...]
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