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Le Symbolisme en Europe
par Collectif
« Catalogue d'exposition Musées Royaux des Beaux-Arts 1976 »
Broché / 274 pages / édition de 1975
langue(s) : français
dimensions : 270 (h) x 210 (l) x 17 (ép) mm
poids : 940 grammes
DISPONIBLE
très bon état
4,95 EUR
référence : 1012788
Tous les prix incluent la TVA
L’art symboliste, par définition, propose des images contraires à la réalité visible et à l’exploration scientifique, afin de montrer qu’il existe une réalité cachée que l’on peut au moins concevoir même si on ne peut lui reconnaître une véritable existence. Il y eut au début du XIXe siècle des artistes fondamentalement imprégnés d’idéalisme tels que Blake, Füssli, Goya, Runge, Friedrich, etc. qui opposèrent leur propre représentation de la réalité à la « réalité » de l’Aufklârung 1 et de la sécularisation, qui avait transformé la conception chrétienne du monde jusqu’alors incontestée. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, au cours de laquelle ont été réalisées presque toutes les œuvres exposées aujourd’hui, le caractère de la peinture symboliste s’est affirmé. A l’époque, la conception officielle du monde est déterminée par des représentations matérielles et pragmatiques; tandis que les forces naturelles sont peu à peu domestiquées, l’énergie et la matière deviennent les seules composantes sûres, la réussite et le bonheur les seuls biens auxquels aspirer. Dans ce contexte l’art symboliste apparaît encore plus amer et pessimiste. Il est vrai qu’il propose lui aussi des images d’une Arcadie de rêve et d’un monde idéal de bonheur mais, face à une certitude matérielle et statistiquement démontrable, il met l’accent sur le doute profond, l’échec, le malheur et la grande décadence de l’Humanisme.

Si l’on étudie la peinture symboliste dans l’évolution générale de l’art, on constate qu’elle a, elle aussi, un cheminement propre. Depuis la sécularisation, l’évolution idéologique avait changé la signification jusqu’alors indiscutée des images et entraîné par là même la dégradation iconographique. On se concentrait de plus en plus sur des objets et des thèmes visibles et compréhensibles au premier abord. L’essence de l’art devenait de moins en moins une création et de plus en plus une exécution, jusqu’à ce que l’objet perde finalement presque toute son importance et ne soit plus appréhendé que tel qu’il était peint. Sans doute cette évolution — du Romantisme au Fauvisme en passant par le Réalisme, le Naturalisme, l’Impressionnisme et l’Expressionnisme — a-t-elle conduit à des chefs-d’œuvre picturaux: les natures mortes de Cézanne, par exemple. Mais en même temps elle est passée à côté de ce qui était auparavant le désir fondamental, devenu même devoir fondamental, de l’art pictural: la compréhension des problèmes idéologiques dont la pénétration et la représentation par l’image devaient compléter l’analyse purement intellectuelle.

Cependant cette faille que laissaient béante les conservateurs de la pure tradition picturale, ne fut pas ressentie uniquement par une couche d’artistes ou de connaisseurs idéalistes mais également par un large public bourgeois qui n’y trouvait pas son compte. Comme le seul but de la réussite et du bonheur ne peut être que rarement atteint, il faut au moins pouvoir se le représenter en images; il faut pouvoir en rêver, pouvoir s’identifier à des hommes heureux à qui la réussite sourit ou trembler devant le malheur des autres en se réjouissant de ne pas avoir à le partager. Un grand nombre de peintres répondirent à ces besoins du public bourgeois. On donna à leurs œuvres le nom d’« art de salon », d’une part parce qu’elles étaient faites pour être accrochées dans des salons privés, d’autre part parce que les expositions régulières du « Salon » officiel de Paris constituèrent, dans l’Europe du siècle dernier, une plaque tournante pour cet art.

Les œuvres de ces peintres de salon représentèrent maintes fois l’irréel, le Rêvé ou le Pressenti; c’est pourquoi elles ont été longtemps bannies comme celles des symbolistes. Mais la condamnation est aujourd’hui levée; depuis environ 15 ans, la recherche en histoire de l’art a désavoué l’ancien postulat d’une pure évolution picturale, le jugeant partial puisqu’il était lui-même conditionné par une évolution historique. Depuis quelques années en outre, un certain goût, empreint de nostalgie, reprend plaisir à cet art de salon et le considère de nouveau comme digne d’être exposé. Bien entendu, dans de nombreux cas, les délimitations de cet art se révèlent très floues; ainsi, de pures œuvres de salon simplement nostalgiques sont-elles souvent attribuées au symbolisme en raison de leur contenu irrationnel. Elles n’ont pourtant pas, et de loin, la perfection artistique des œuvres symbolistes et exigent qu’à l’avenir de nombreuses corrections soient faites.

Une phrase de Bôcklin définit bien la nature d’une œuvre symboliste: « Un tableau doit raconter quelque chose, donner à penser au spectateur comme une poésie et lui laisser une impression comme un morceau de musique ».
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