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André Sprumont
Cartonné / 118 pages / édition de 1996
langue(s) : français
dimensions : 340 (h) x 243 (l) x 18 (ép) mm
poids : 1190 grammes
DISPONIBLE
très bon état
26,95 EUR
référence : 1011064
Tous les prix incluent la TVA
"La présence obsédante du silence", voilà, au dire même de l’artiste, ce que perçoit l'être humain lors de moments privilégiés touchant au sentiment profond de l’existence. Voilà aussi, semble-t-il, ce qui caractérise, plus que chez bien d’autres peintres de sa génération, l'art d'André Sprumont. Depuis plus de vingt ans, et même lorsque la figure humaine habitait ses oeuvres, un silence obsédant s’est en effet infiltré de manière progressive dans sa peinture: il est pour beaucoup dans l'identité de celle-ci, dans son atmosphère particulière, à la fois raréfiée et oppressante.

Qu’il s’agisse des nudités troublantes, pourtant si pudiques, et des paysages allusifs du début des années 70, ou bien des compositions plus abstraites que l’artiste aurait pu inscrire sous le titre générique d'une de celles-ci: L’écran de mes nuits, et jusqu'aux Chants de l'Odyssée, une suite de grandes toiles carrées qui constitue le terme provisoire d’une quête plastique, chaque fois le peintre paraît avoir poursuivi le même but: inventer un monde de silence, un monde de choses “inouïes” dans une nature n’ayant jamais existé, par conséquent, nécessitant une objectivation scrupuleuse des formes et des matières. En réalité, une vision purement subjective peuplée de morphologies sans équivalence: formes vierges et limpides aux reflets d'opale, dans des lumières d'aurore boréale, qui semblent appartenir à la fois au minéral et à l'organique, à la cime et aux abysses, c’est-à-dire, une fois encore, qui relèvent de ces lointains univers où s’étouffent les sons.

Même si les ocres brunes et les ambres ont remplacé à présent les gris rosés et les tons d’améthyste de jadis, les toiles nouvelles qu'André Sprumont peint depuis quelques années, apparaissent toujours comme autant d'univers élémentaires, nés dans les brumes sidérales de planètes en formation où. une fois encore, règne un silence absolu: celui d'avant l’existence de créatures capables d'entendre. Si ces nouveaux mondes semblent surgir des fumées du rêve, ils naissent d’abord de ces merveilleux “accidents” de la matière, de ces valeurs tactiles-giclures, frottages, taches, tatouages, de ces effets de pâte, de cette subtile gestualité tournée vers la lumière, dont témoigne le don aujourd'hui reconnu de l’artiste.

D'où proviendrait ce silence qui habite les toiles d'André Sprumont, sinon de l’âme même de l’artiste ? Mais ce silence, il nous est donné de le “voir”, de le percevoir, de l’entendre, seulement grâce aux sortilèges de la peinture qui n’est, faut-il le répéter, véhicule ou support de rien d'autre que d’elle-même. Et pourtant, s’il y a quelque chose de sacré dans l’univers plastique de Sprumont, c’est parce que l’image s’ouvre à autre chose qu’elle-même: un tableau, c’est plus qu'une toile colorée, comme une hostie est plus qu’un morceau de pain. Le paradoxe, ou plutôt l'étrange phénomène, à l'oeuvre dans la peinture, du moins lorsque celle-ci "parle”, c’est qu’elle soit produite à la fois par la main et par l’esprit, qu'elle soit en même temps matière et fiction, choses et signes, dehors et dedans.

En peinture, représenter, c’est rendre présent l'absent. Pour André Sprumont, peindre, c’est aussi rendre le silence parlant. Comme si l’image était là pour combler un manque...
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