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Bruxelles 1900 : Capitale de l'Art Nouveau
« Brussel 1900 : Hoofdstad van de Art Nouveau »
Broché / 168 pages / édition de 1971
langue(s) : français, néerlandais, anglais
dimensions : 210 (h) x 190 (l) x 13 (ép) mm
poids : 530 grammes
DISPONIBLE
très bon état
7,95 EUR
Quantité:
référence : 1011201
Tous les prix incluent la TVA
Pourquoi présenter, en 1971, une exposition consacrée au passé, ce passé fut-il relativement récent ? Pourquoi s’être assigné de montrer au public des faits architecturaux, des façades, des détails d’habitations réalisés aux environs de 1900 ? Pourquoi s’arrêter devant des travaux réputés mineurs, devant des œuvres d’une qualité «moyenne»? Pourquoi s’accrocher à un temps révolu plutôt que de centrer notre regard sur un présent actif ou un futur en puissance ? Pourquoi accorder tant d’importance à des traces alors que nous attendons des tracés, alors que nous redoutons tellement de voir l’ancien obturer l’avenir ? Aurions-nous du temps à perdre (dans la contemplation du passé) alors que les exigences du présent se révèlent plus impérieuses que jamais ? S’agirait-il d'augmenter notre savoir en forme d’histoire ? Et tout ceci (que nous offrons à voir) serait-il superflu au regard de notre soif (de nos besoins) d’acquérir des connaissances immédiatement utilisables ?

Pourquoi avoir rassemblé tant d’images désuètes ? Pourquoi porter au jour des noms ignorés (ou presque) jusqu'à présent ? Pourquoi montrer des choses anonymes ? Pourquoi avoir pris tant de soins à établir un inventaire dont on pourrait craindre ou redouter qu’il n’intéressât que les survivants d’une époque révolue ? Pareille initiative aurait-elle été motivée, en dernier ressort, par quelqu’inclination sentimentale, l'opportunité d’une thèse universitaire ou la marotte d'un spécialiste ?

Il ne faut surtout pas chercher ici une provocation quelconque à l’égard de l’architecture à venir. On ne prétend nullement « redonner vie à des figures à demi effacées » (M. Foucault). On a rassemblé, par l’image, des faits dispersés, éparpillés dans un espace urbain (l’espace de l’agglomération bruxelloise). On a groupé (chose jamais faite jusqu’à présent) les fragments (variés, nuancés, modulés, différents) d’un même discours : le discours fondé sur le langage de l’Art Nouveau. Pour qu’il puisse être lu. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit : apporter une contribution à une technique de lecture. Une technique susceptible de rendre la parole au silence : rendre sensible ce que l’habitude neutralise, rendre présent à l’œil, à l’esprit, au sens ce qu’on ne voit plus, découvrir avant qu’ils ne disparaissent les derniers fragments d’une ville : la ville léopoldienne fleurie par le Modem Style. Voilà qui légitime fondamentalement notre entreprise.

Car, entendons-nous bien, nous n’avons voulu ni faire de l’histoire (de l’art), ni de l’archéologie. Pour nous, le passé, à quelque endroit du temps qu’il se situe, peut, doit (devrait) toujours servir l’aujourd’hui et garantir le futur : pour autant qu’il soit vu. appréhendé, saisi, non comme vestiges (à voir, à connaître), témoins, (à admirer, à re-connaître), faits (à citer), matériaux (à incorporer à un savoir) systèmes (à reproduire), gestes (à perpétuer), ethos de classe (règles [...]
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