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Guillaume Le Taciturne. Comte de Nassau, Prince d'Orange
Relié / 484 pages / édition de 1973
langue(s) : français
éditeur : Fonds Mercator
dimensions : 340 (h) x 260 (l) x 48 (ép) mm
poids : 3690 grammes
DISPONIBLE
très bon état
jaquette déchirée à un endroit; cartonnage d'édition absent
14,95 EUR
référence : 1008051
Tous les prix incluent la TVA
L'actualité d'Orange

Le dix-neuvième siècle fut à la fois: l'époque où l'histoire se développe selon des conceptions scientifiques, où se développe l'instruction publique et où se développe le sentiment national. Ces trois tacteurs eurent pour conséquence que dans nos villes d'Europe, on érigea partout des monuments «aux grands hommes de notre peuple». On voudrait s'en réjouir sans réserve. Mais à y regarder de plus près, on se prend chaque fois à douter.

Certes, il est bon qu'une communauté nationale se rende compte qu'elle n'est pas «née d'hier», qu'elle est le fruit d'une évolution, longue et difficile, et qu'il ne saurait donc être question d'anéantir étourdiment les traditions et les valeurs nationales. Mais tout de même: de quel regard superficiel ne voit-on pas les «pères de la patrie», les «nôtres»!...

Place des Victoires, à Paris, se trouve une statue équestre de Louis XIV. Qui la regarde, négligera de se demander comment ce glorieux vainqueur de tant de batailles a pu laisser son pays ruiné, pourquoi il dut mourir sous les malédictions de ses sujets. Et le Français qui médite devant le mausolée pompeux de Napoléon Ier aux Invalides, lira le nom de tant de triomphes - Marengo, Austerlitz,Wagram... - mais risque d'en oublier que tout cela se termina à Waterloo et à Sainte-Hélène.

En principe, nos réflexions ne sont guère différentes à Westminster, au pied de la statue d'Oliver Cromwell, à l'entrée du Parlement. Comme il en impose, ce personnage grandiose revêtu de son armure ! Et cependant, on ne peut oublier qu'ayant engagé la révolution sous la bannière des Commons, contre le pouvoir souverain du roi et de la cour, il finit par établir une dictature personnelle — un régime qui ne devait pas survivre à sa mort. Ici encore, tout nous paraît avoir été très simple et positif. Pourtant, dans la réalité historique, ce fut imprécis et discutable.

Portant ensuite notre regard vers l'Allemagne, nous rencontrons le Grand Electeur, Frédéric le Grand et Bismarck. De puissantes figures, sans aucun doute, qui ont jeté les bases de la grandeur prussienne.

Mais que reste-t-il de l'œuvre de leur vie? En 1945, à Potsdam, toute la Prusse, encore province autonome sous la République de Weimar, fut rayée de la carte de l'Europe d'un trait de plume. En guise d'épitaphe, on lui endossa la responsabilité de tous les malheurs...

Mais sans doute est-il plus frappant encore que personne n'ait remarqué la disparition de ce vieux pays, que personne ne l'ait pleuré, alors que la couronne de Prusse avait si souvent jeté les générations précédentes dans des guerres sanglantes. Quant au Reichsgrihider, sa relative modération semble être oubliée: l'ombre maléfique du Troisième Reich recouvre aujourd'hui les souvenirs du Deuxième.

On pourrait citer d'autres exemples. Bien des points, qui avant 1914 semblaient ne jamais devoir prêter à discussion dans l'enseignement de [...]
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